Venezuela Maduro amnistie 110 prisonniers politiques, l'opposition se divise

Venezuela Maduro amnistie 110 prisonniers politiques, l'opposition se divise

À 100 jours des élections législatives, le président vénézuélien a fait un geste vers l'opposition qui n'est pas sans arrière-pensée.

Le président Nicolas Maduro a signé lundi 31 août un « décret d'amnistie » pour 110 prisonniers politiques dont 26 députés de l'Assemblée nationale. Sur les 110 personnes amnistiées, 50 étaient en prison. Les autres sont soit en exil, soit réfugiés dans des ambassades à Caracas, soit assignés à résidence. 26 sont députés.

Parmi eux, on note Freddy Guevara, réfugié à l'ambassade du Chili depuis novembre 2017, Roberto Marrero, le bras droit de Juan Guaido, le président intérimaire reconnu par une cinquantaine de pays, Americo De Grazia, réfugié en Italie, Ricardo Blanco, en exil en Argentine.

Juan Guaido pas amnistié

Dans cette liste d’« amnistiés » il manque quelques noms : Juan Guaido lui-même, Leopoldo Lopez, réfugié à la résidence de l'ambassadeur d'Espagne depuis le 30 avril 2019, Julio Borges, en exil en Colombie ou encore Antonio Ledezma et Carlos Vecchio, en exil également.

L'annonce de ces « amnisties » a été faite par Jorge Rodriguez, le ministre de la communication du gouvernement Maduro. Il n'a pas caché qu'elles sont liées à l'organisation des élections législatives prévues le 6 décembre prochain et que rejette Juan Guaido, estimant que les conditions d'une consultation électorale honnête ne sont pas réunies. « L'intention est d'approfondir le processus de réconciliation nationale face au prochain processus électoral, a déclaré le ministre chaviste en conférence de presse. L'unique raison de ne pas participer aux élections du 6 décembre est que ton plan (celui de Guaido) n'est pas de résoudre les choses par le processus électoral ». Ricardo Blanco depuis Buenos Aires a, lui, estimé qu’« on ne peut amnistier que si on détient un pouvoir légitime. On ne peut être amnistié que si on est coupable. Je ne me suis rendu coupable d'aucun délit. »

Qualifier ces libérations d'amnistie est une insulte. Ce sont des otages qui ont été libérés, pas des délinquants.

Le député de l'Amazonie Americo de Grazia

De son exil romain, le député de l'Amazonie Americo de Grazia a réagi pour Le Figaro à ce qu'il considère comme une manœuvre pour fragiliser l'opposition : « Maduro n'est pas plus président que je ne suis un délinquant. Qualifier ces libérations d'amnistie est une insulte. Ce sont des otages qui ont été libérés, pas des délinquants. Tout cela est destiné à légitimer un processus frauduleux et diviser l'opposition. C'est une stratégie continue depuis l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chavez en 1998 ».

Pour le député d'Amazonie, le pouvoir tente aujourd'hui d'utiliser Henrique Capriles pour diviser l'opposition. Celui qui fut deux fois candidat de l'opposition au chavisme à la présidentielle a en effet engagé des discussions avec le pouvoir et semble rejeter la stratégie de Juan Guaido de refus de négociations avec le pouvoir et de participation aux législatives du 6 décembre prochain. Il a ainsi négocié la semaine dernière la mise en résidence surveillée à la place de la prison pour Juan Requesens. Il a réagi de façon très consensuelle à ces amnisties. « Espérons que ce soit un vrai chemin pour la liberté du Venezuela qui est semé d’embûches. » Il estime, comme la conférence épiscopale vénézuélienne, que ne pas participer aux élections législatives serait répéter une erreur commise par le passé et qui avait laissé la voie libre pour que les chavistes obtiennent la quasi-totalité des sièges à l'Assemblée.

Juan Guaido sort très affaibli de ces derniers mois de conflit avec le pouvoir pendant lesquels il a semblé plus gesticuler et qu'agir, faute de réel pouvoir. Henrique Capriles semble vouloir reprendre

la tête de l'opposition, ressuscitant sa rivalité avec Leopoldo Lopez, le mentor de Juan Guaido. Une rivalité qui ne peut que réjouir le président Maduro.

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