Qui est Jean Castex, le nouveau premier ministre ?

Qui est Jean Castex, le nouveau premier ministre ?

A 55 ans, l’énarque a multiplié les rôles dans la haute fonction publique, jusqu’à l’Elysée lorsque Nicolas Sarkozy était président. Au cœur de la crise sanitaire, Edouard Philippe lui avait demandé de mener la stratégie de déconfinement nationale.

Haut fonctionnaire, élu local et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy : Jean Castex, nommé vendredi 3 juillet premier ministre en remplacement d’Edouard Philippe, était devenu une personnalité de choix pour la majorité depuis sa mission de conseil stratégique sur le déconfinement.

Cet homme de 55 ans, qui n’a jamais été ministre, cumule, aux yeux du président, les avantages pour porter la deuxième phase du quinquennat : énarque, mais au contact des territoires ; toujours étiqueté LR, mais réputé homme de dialogue et parfait connaisseur des arcanes du pouvoir depuis son passage à l’Elysée comme secrétaire général adjoint, à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy.

L’homme du déconfinement
Début avril, au pic de la crise, Jean Castex reçoit un coup de fil d’Edouard Philippe. « On aurait besoin de vous », lâche le premier ministre. L’homme est alors délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024 et s’embarque au ministère de la santé, qu’il connaît bien, pour penser le déconfinement d’une France à l’arrêt, alors que plusieurs centaines de personnes meurent encore chaque jour du Covid-19 dans le pays.

Doté d’une équipe de 18 personnes, il navigue entre l’Elysée, Matignon et le ministère de la santé pour proposer une stratégie de levée des mesures strictes de contrôle de l’épidémie. Il défend un déconfinement par petits pas et, dans la mesure du possible, adaptable au terrain. Pour l’école comme pour les transports publics, un maître mot : « On y va mollo. »

Il regrette l’interdiction faite à la maire de Paris d’ouvrir les parcs et jardins dans la capitale, ainsi que l’ouverture du Puy du Fou décidée par Emmanuel Macron. Mais « environ 90 % de ses recommandations ont été suivies », selon un de ses proches.

Un maire rural et de droite
Jean Castex, qui a gardé un léger accent de son Gers natal (il est né le 25 juin 1965 à Vic-Fezensac), est maire Les Républicains de Prades depuis 2008, quand il avait arraché la commune à la gauche. Il a été réélu dans cette petite ville des Pyrénées-Orientales à 75 % dès le premier tour, le 15 mars. Entre 2010 et 2015, il était conseiller régional de Languedoc-Roussillon et a été candidat malheureux aux législatives de 2012, battu par la candidate PS.

« Politiquement, je suis de droite et je l’assume parfaitement », avait-il dit au début des années 2000. Ce père de quatre filles soutient la candidature de François Fillon pour la présidence de l’UMP lors du congrès d’automne 2012. Mais il avait déjà réussi à se ménager des appuis à La République en marche : son nom avait un temps circulé fin 2018 pour succéder à Gérard Collomb au ministère de l’intérieur.

Un haut fonctionnaire proche de Xavier Bertrand et Nicolas Sarkozy
Enarque, membre de la Cour des comptes, il enchaîne les hauts postes depuis des années, notamment sur les questions de santé. Directeur de l’hospitalisation au ministère des solidarités en 2005-2006, il devient ensuite directeur de cabinet de Xavier Bertrand à deux reprises, d’abord au ministère de la santé (2006-2007) puis au travail (2007-2008). « Le premier plan pandémie, c’est Jean Castex qui est dircab » à l’époque du virus H5N1, rappelle Xavier Bertrand, en louant « les idées claires et le franc-parler ».

« C’est un vrai couteau suisse, il a des connexions un peu partout, il sait faire ce qu’il faut faire au bon endroit », assure Franck Louvrier, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. Immédiatement après avoir été nommé, Jean Castex a appelé l’ancien président Nicolas Sarkozy. « Jean Castex est quelqu’un pour lequel Nicolas Sarkozy a beaucoup de respect, d’amitié et même d’affection », assure-t-on dans l’entourage de l’ancien président.

Une personnalité « avenante »
« II a une bonhomie et une sympathie incroyable, une empathie et humilité naturelles. Il travaille à la vitesse de la lumière en gardant un calme à toute épreuve », se souvient un ancien du cabinet ministériel de Xavier Bertrand.

« C’est le mec réglo par excellence, confirme le président socialiste de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel. Jamais de coup tordu. Il dit les choses et, quand il dit oui, il s’engage à fond. Et en plus, il est très sympathique. Des comme lui, j’en ai rarement croisé dans ma carrière. » Pour Valérie Pécresse, « c’est tout sauf un courtisan. C’est un mélange assez inédit de très grande connaissance de l’appareil d’Etat et de sensibilité du terrain, grâce à son mandat de maire de Prades. Cela lui donne une forme de bon sens, de recul par rapport aux jeux de pouvoir. »

De son passage au ministère du travail, les centrales syndicales gardent le souvenir d’un homme « disponible » et « avenant », même s’il « cache une certaine fermeté », avec « une excellente connaissance de ses dossiers ». En somme, disent les mêmes, « quelqu’un avec qui on peut discuter ».

Le Monde avec AFP

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