Trois patrouilleurs seront construits à Lorient

Trois patrouilleurs seront construits à Lorient

Naval Group annonce la construction de trois bateaux pour l'Argentine. Le groupe en revendra un quatrième, L'Adroit, déjà approuvé par la Marine nationale. Un contrat de 300 millions d'euros.

Naval Group annonce la construction de trois bateaux pour l'Argentine. Le groupe en revendra un quatrième, L'Adroit, déjà approuvé par la Marine nationale. Un contrat de 300 millions d'euros.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, recevait, mardi à Paris, son homologue argentin, Jorge Faurie, un proche du président Mauricio Macri. Lors de cette entrevue, Jean-Yves Le Drian a annoncé qu'un accord final avait été conclu entre Buenos Aires et Paris pour un contrat d'armement pour la vente de quatre navires de guerre.

Lors de son séjour à Paris fin janvier, le président argentin Mauricio Macri avait demandé au président Emmanuel Macron une baisse du prix de vente. C'est acté. Même si, du côté de Naval Group, on tient à rester prudent. «Les négociations ont bel et bien repris, mais le contrat n'est pas encore signé. » Reste que cette annonce fleure la bonne nouvelle pour le site de construction navale de Naval Group Lorient et celui de Kership-Piriou, au Rohu, à Lanester (dont le plan de charge est aujourd'hui en souffrance).

L'Argentine passerait donc contrat pour quatre patrouilleurs (OPV 90) de la classe Gowind. Trois seront intégralement construits à Lorient. Un quatrième, L'Adroit, un prototype, premier de la série Gowind, testé et approuvé par la Marine nationale, sera revendu à l'Argentine. Le montant de ce contrat avoisinerait les 300 millions d'euros.

Dans le journal argentin La Nacion, le ministre des Affaires étrangères argentin a révélé quelques détails de cette opération : « L'offre technique a été acceptée. Nous discutons aujourd'hui du montage financier de ces navires. Le prix final, qui a été décidé après le voyage de Naval Group en Argentine, était beaucoup plus proche de celui des autres chantiers navals. » En substance, des concurrents de Naval Group, les chantiers navals chinois (China Shipbuilding Industry Corporation) et espagnols (Navantia et Gondan).

Lorient et Lanester confortés

La relance de ce contrat pour l'Argentine tombe à pic pour le chantier Kership-Piriou où l'essentiel des patrouilleurs devrait être assemblé. « C'est, a priori, une bonne nouvelle pour l'emploi direct et indirect, réagit le syndicat CGT-Kership. Nous attendons de voir la réalité du schéma industriel que provoquera ou non cette commande à Naval Group. Aujourd'hui, Kership est en sommeil. La majorité des personnels travaillent à Lorient ou à Concarneau. »

Une semaine après la venue de Florence Parly, la ministre des Armées, sur le site de Naval Group Lorient, cette vente à l'Argentine ne peut que rassurer les 2 000 salariés et conforter la place des chantiers lorientais et lanestériens. Elle confirme également l'implication ministérielle sur la volonté de maintien du plan de charge. Un point évoqué la semaine passée à l'occasion du dévoilement de la loi de programmation militaire 2019-2025.