L'UE va officialiser son entité pour commercer avec l'Iran

L'UE va officialiser son entité pour commercer avec l'Iran

Jeudi, l'entité imaginée par l'Union européenne pour commercer avec l'Iran va être officialisée en marge de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bucarest.

L'entité imaginée par l'Union européenne pour commercer avec l'Iran malgré les sanctions américaines va être officialisée jeudi en marge de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bucarest, a-t-on appris de sources européennes. Une déclaration commune de la France, de l'Allemagne et du Royaume Uni, les trois parrains de cette entité, doit être rendue publique dans la journée par les trois capitales, a-t-on précisé.

D'autres pays européens seront invités à utiliser l'entité. La Belgique est intéressée, a confirmé le chef de la diplomatie et ministre de la Défense Belge Didier Reynders. «J'ai toujours dit qu'on est tout à fait prêt à participer parce que nous soutenons la logique de l'accord nucléaire. On veut vraiment sa mise en œuvre», a-t-il déclaré à Bucarest. «On sait que c'est particulièrement compliqué pour beaucoup d'entreprises. On a déjà dans le passé expérimenté les sanctions américaines», a souligné le ministre belge.

L'entité - baptisée Instex (Instrument in Support of Trade Exchanges) - sera enregistrée en France et aura une direction allemande, selon ces mêmes sources. Ses premiers fonds seront fournis par la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, les trois pays de l'UE signataires de l'accord nucléaire conclu avec Téhéran en 2015. Les autres signataires sont la Chine, la Russie et les Etats-Unis, mais le président Trump a retiré les Etats-Unis de l'accord et imposé de nouvelles sanctions à l'Iran.

"L'essentiel est de montrer à nos collègues américains que nous allons dans la même direction"

Washington a mis en garde les Européens contre les conséquences de leur décision de contourner les sanctions contre l'Iran. L'entité est une création intergouvernementale, mais elle sera endossée par l'Union européenne dans le cadre d'un texte de conclusions sur l'Iran approuvé mercredi par les représentants des 28 à Bruxelles. L'Italie et l'Espagne ont en effet aplani leur différend et donné leur aval à ces conclusions, a-t-on précisé. Le texte doit encore être formellement entérinées par les capitales.

Dans ce texte, les 28 saluent le respect par l'Iran des engagements souscrits dans le traité sur le nucléaire conclu en 2015. L'entité européenne va permettre à l'Iran de tirer des revenus de ses exportations, bloquées par les sanctions américaines. Mais les Européens s'inquiètent du programme de missiles à longue portée développé par l'Iran ainsi que de ses activités dans la région, notamment dans les conflits en Syrie et au Yémen. Ils dénoncent également les attentats contre l'opposition iranienne en Europe.

Le message adressé à Téhéran est assez ferme, a-t-on indiqué. «L'essentiel est de montrer à nos collègues américains que nous allons dans la même direction sur toute une série de dossiers comme les missiles balistiques ou l'influence régionale de l'Iran», a souligné Didier Reynders.

L'entité avait été initialement conçue pour permettre à l'Iran de continuer à vendre du pétrole à l'UE et de régler ses achats de biens achetés en Europe sur le modèle d'une chambre de compensation. Mais les Européens n'achètent pratiquement plus de pétrole à l'Iran. L’entité sera essentiellement destinée aux petites et moyennes entreprises. «En bout de course ce sont les entreprises qui décideront si elles veulent ou non continuer à travailler en Iran en connaissant les risques des sanctions américaines», a expliqué Didier Reynders.

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