L’OCDE critique les subventions à l’agriculture

L’OCDE critique les subventions à l’agriculture

Plus de 18 % des revenus agricoles bruts proviennent de fonds publics dans les pays de l’OCDE, soit deux fois plus que dans les économies émergentes ou en développement, constate le rapport.

L’organisation propose de réorienter les aides publiques vers l’innovation et les services à «impact sociétal».

Un peu partout, les agriculteurs continuent de recevoir de généreuses subventions. De 2016 à 2018, 705 milliards de dollars (620 milliards d’euros) ont été versés chaque année au secteur agricole des 53 pays, développés ou émergents, scrutés par l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques. Les États les plus riches sont les plus généreux. Plus de 18 % des revenus agricoles bruts proviennent de fonds publics dans les pays de l’OCDE, soit deux fois plus que dans les économies émergentes ou en développement, constate le rapport.

Au début des années 2000, des efforts ont été faits pour réduire les subventions à l’agriculture mais ce mouvement est désormais au point mort, déplore l’organisation basée à Paris.

L’OCDE est très critique sur les subventions car elle estime que ces aides, dont les trois quarts des montants vont directement aux producteurs, aboutissent le plus souvent à une distorsion des prix. Selon le rapport, 54 % du soutien apporté au secteur agricole est dispensé de telle sorte qu’il «maintient artificiellement les prix agricoles intérieurs au-dessus des niveaux en vigueur sur les marchés internationaux». Cela «porte préjudice aux consommateurs» et, en particulier, aux plus pauvres, insiste l’OCDE, qui pointe l’exemple de la Chine. Les pouvoirs publics y fixent des prix d’achat minimum pour des produits comme le blé et le riz. Résultat, les prix perçus par les producteurs ont été supérieurs de 12 % aux tarifs mondiaux entre 2016 et 2018.

Aides importantes dans l’Union européenne

Très peu de mesures, dans les panoplies déployées, visent la croissance de la productivité, l’utilisation durable des ressources et la résilience des exploitations. Or, c’est dans ces domaines, pour favoriser une croissance durable plutôt que pour soutenir les prix du marché ou opérer un simple transfert de revenus vers les agriculteurs, que les États devraient agir, affirme l’OCDE.

Il faut «réorienter le soutien vers des améliorations des services publics qui bénéficient aux producteurs, aux consommateurs et à la société dans son ensemble». L’innovation, les services qui permettent d’atténuer le changement climatique ou de s’y adapter, la lutte contre le gaspillage, devraient être ciblés, pointe le rapport.

Concernant l’assurance agricole, sujet très discuté en ce moment en France, l’OCDE recommande de limiter le soutien public «aux risques auxquels le secteur privé n’a pas de solution à apporter»

Dans beaucoup de pays, les performances environnementales de l’agriculture progressent faiblement, voire régressent depuis quinze ans. «Les États devraient investir pour combler leur déficit de connaissances» en s’appuyant sur les technologies numériques, détaille l’organisation. Concernant l’assurance agricole, sujet très discuté en ce moment en France, l’OCDE recommande de limiter le soutien public «aux risques auxquels le secteur privé n’a pas de solution à apporter».

L’OCDE souligne les efforts faits depuis trois ans par l’Union européenne en faveur des «mesures ayant moins d’effets de distorsion sur la production et les échanges». Les aides à l’agriculture atteignent néanmoins 20 % des revenus bruts dans l’UE, soit davantage que la moyenne de l’OCDE. Et entre 2006 et 2015, la croissance annuelle moyenne de la production agricole dans l’Union n’a pas dépassé 0,6 %, loin de la moyenne mondiale de 2,3 %.

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