L'Europe veut repenser sa stratégie commerciale

L'Europe veut repenser sa stratégie commerciale

Signe des temps, la Commission lance une consultation pour repenser la doctrine du bloc dans ses échanges avec le reste du monde. Le but : faire preuve d'une plus grande autonomie stratégique et s'adapter à des partenaires devenus plus agressifs.

Le choix des mots est loin d'être anodin. La Commission européenne a enclenché, mardi, un processus de révision de sa doctrine commerciale. Sans préjuger du résultat de la consultation qu'elle vient d'enclencher , elle affiche la couleur : après 5 ans à suivre une feuille de route prônant le « commerce pour tous », voici venu l'heure, selon elle, d'oeuvrer à « l'autonomie stratégique ouverte » du continent.

Volatilité
Pour Phil Hogan, l'Irlandais qui supervise la stratégie commerciale de l'UE, il n'est pas question de revenir sur le principe d'ouverture qui est au fondement du projet européen : « la nature mondialisée de notre société et de notre économie est un fait qui ne va pas disparaître ; prétendre le contraire ne fait que ralentir notre capacité à mettre en oeuvre les changements nécessaires ».

Mais le monde, lui, a changé. Citant la « volatilité des relations internationales », l'influence croissante de la Chine, « rival systémique » tout en étant un «partenaire», l'attitude des Etats-Unis, la numérisation des sociétés, l'impératif climatique et la crise que traverse l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le commissaire au Commerce plaide pour une Europe « plus assertive ». La crise du coronavirus, quant à elle, a accéléré certaines prises de conscience de la fragilité des chaînes d'approvisionnements. «Maintenir notre credo de l'ouverture ne signifie pas que nous soyons des idéalistes jusqu'au-boutistes », résume-t-il.

Le vent tourne
Le processus de consultations qui a débuté mardi devrait déboucher sur une communication, attendue en fin d'année. Un timing qui devra notamment permettre à Bruxelles de tenir compte d'un paramètre essentiel : l'identité du prochain président des Etats-Unis sera connue.

Cette révision n'a certes rien d'exceptionnel : régulièrement, Bruxelles met à jour son logiciel commercial. Mais elle intervient à un moment où tous les commentateurs sentent que « le vent est en train de tourner en Europe », comme le résume une source européenne. Outre un contexte international plus tendu et des opinions publiques de plus en plus mobilisées contre certains projets d'accords commerciaux, la donne a aussi changé au plan interne.

Rapport de force
Avec le Brexit, c'est le principal pilier du clan des défenseurs d'une approche libre-échangiste qui s'en va. Au même moment, les Pays-Bas connaissent, de leur côté, une évolution importante. En témoigne le fait que leur parlement vient de rejeter l'accord sur le Mercosur , et que le pays a été à l'origine d'une proposition visant à muscler la stratégie de l'Europe face à la concurrence déloyale. Il reste la Suède pour plaider, de manière toujours aussi convaincue, pour une ouverture maximale avec le reste du monde. De quoi faire profondément évoluer le rapport de force car les questions commerciales se tranchent à la majorité qualifiée…

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