Les Argentins sanctionnent le gouvernement péroniste dans les urnes

Les Argentins sanctionnent le gouvernement péroniste dans les urnes

Appelés aux urnes pour les élections primaires de mi-mandat, les Argentins ont largement désavoué le gouvernement péroniste d'Alberto Fernández alors que les indicateurs économiques peinent à reprendre des couleurs.

C'est un coup dur pour la majorité présidentielle. Le Frente de Todos, la coalition au pouvoir en Argentine, a perdu les élections primaires de dimanche dans 17 des 24 provinces du pays. Une « catastrophe électorale » d'après le journal espagnol « El Pais », tandis que le quotidien argentin « Página12 », favorable au gouvernement, reconnaît un « échec inattendu ».

A mi-mandat, alors que le gouvernement a dirigé le pays presque exclusivement en période de pandémie, ce scrutin représentait un test grandeur nature avant les législatives de novembre. Tous les regards étaient tournés vers la province de Buenos Aires, gouvernée par l'ex-ministre de l'Economie de Cristina Kirchner, Axel Kicillof. Représentant près de 40 % de l'électorat, l'immense territoire (307.571 km²) constitue le bastion électoral historique du péronisme dans le pays.

Les listes menées par l'alliance d'opposition Juntos por el cambio (droite) y ont recueilli 38 % des votes, soit cinq points de plus que la coalition de gauche péroniste.

C'est avant tout la situation économique du pays et une campagne de vaccination jugée trop lente, faute de doses disponibles , qui ont motivé le vote d'opposition. Parmi les principaux reproches d'un électorat argentin lassé : une année 2020 marquée par un très long confinement qui a eu un impact violent sur l'économie, et une année 2021 où, en dépit de la multiplication des plans de relance mis en place par le gouvernement en vue des élections, la reprise peine à se manifester.

Inflation de 51,8 %
La crise sanitaire vient se greffer à trois ans de récession. Le PIB a encore chuté de 9,9 % l'an dernier. Si le taux de chômage a légèrement baissé au premier trimestre, touchant 10,2 % de la population active contre 13,1 % à son plus haut de 2020, le pouvoir d'achat des salariés continue d'être plombé par une inflation qui a atteint un taux interannuel de 51,8 % en juillet, d'après l'Institut des statistiques argentin (Indec).

Prenant la parole au siège de campagne de la coalition péroniste, le président Alberto Fernández a assumé cette défaite : « Nous vous écoutons avec respect et beaucoup d'attention, car nous savons qu'évidemment, nous avons commis des erreurs. […] Il y a des attentes que nous n'avons pas comprises et à partir de demain, nous allons tâcher d'y répondre », a-t-il déclaré en fin de soirée dimanche.

Test avant les législatives
La déroute pourrait pousser Alberto Fernández et la vice-présidente Cristina Kirchner à un remaniement ministériel qui toucherait le ministère de l'Economie, alors que le ministre Martin Guzman poursuit la renégociation de la dette avec le Fonds monétaire international (FMI).

Le gouvernement qui espérait s'assurer une majorité confortable le 14 novembre prochain pour la deuxième partie de son mandat paraît désormais impossible à atteindre, en dépit de l'appel d'Alberto Fernández à ses bases militantes à « renverser la situation ».

Anaïs Dubois (Correspondante à Buenos Aires)

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