L'élection de Bolsonaro rebat les cartes sur le continent américain

L'élection de Bolsonaro rebat les cartes sur le continent américain

Alliances bilatérales, affaiblissement du Mercosur, intransigeance avec le Venezuela : ce qu'il faut attendre de la politique extérieure du futur président brésilien.

« Je félicite Jair Bolsonaro pour son grand triomphe électoral ». Quelques minutes à peine après l'annonce officielle des résultats, Sebastián Piñera a chaleureusement salué sur twitter la victoire du candidat d'extrême-droite . Le président chilien, de droite, a ajouté qu'il invitait Jair Bolsonaro à venir au Chili et à travailler ensemble « pour le bien-être de nos peuples ». Un  enthousiasme partagé par les chefs d'Etat argentin et paraguayen, qui ont également transmis leurs félicitations au futur président de la première puissance économique d'Amérique latine.

C'est un point positif pour Jair Bolsonaro, qui avait affiché pendant la campagne électorale sa volonté de former un bloc libéral avec l'Argentine, le Chili et le Paraguay. Toutefois, selon Facundo Cruz, politologue argentin, « Jair Bolsonaro devra modérer son discours s'il veut avoir l'appui total des dirigeants de droite de la région. » Sebastián Piñera  avait ainsi affirméil y a quelques semaines que le « programme économique [de Bolsonaro] allait dans la bonne direction » avant de préciser qu'il « n'[était] pas d'accord avec certaines de ses déclarations sur les femmes et les homosexuels. »

Allié problématique

Pour Mauricio Macri,  qui gouverne l'Argentine depuis 2015 avec une coalition de centre-droit, Jair Bolsonaro peut se révéler un allié problématique. « À un an de l'élection présidentielleil est délicat pour Macri, politiquement, d'être associé à un président d'extrême-droite », explique Facundo Cruz. Le président argentin ne pourra toutefois pas se passer de contact avec Bolsonaro, le Brésil étant le principal partenaire commercial de l'Argentine.

 Bolsonaro va hausser le ton pour affaiblir Nicolás Maduro. 

Sur le continent sud-américain, c'est surtout par rapport au Venezuela que Jair Bolsonaro compte faire entendre sa différence. « S'il y a un gouvernement légitime en Amérique du Sud pour affronter Nicolás Maduro, c'est bien le futur gouvernement Bolsonaro », affirme Alberto Pfeifer professeur de relations internationales à l'université de Sao Paulo, qui n'écarte pas, à terme, une intervention militaire en accord avec la Colombie. « Bolsonaro va hausser le ton pour affaiblir Nicolás Maduro. C'est un gouvernement de droite, anti-communiste, militarisé, qui souffre directement de l'impact de la crise des réfugiés vénézuéliens », dit-il. 

 Le Mercosur n'est pas une priorité. 

Le Marché commun du Sud (Mercosur), qui n'a  pas réussi à adopter de position fermevis-à-vis de la crise au Venezuela , pourrait être déstabilisé par l'arrivée au pouvoir de Bolsonaro : « Le Mercosur n'est pas une priorité », a averti, dès dimanche soir, le futur ministre brésilien de l'Economie Paulo Guedes. Une mauvaise nouvelle pour l'Europe, dont le projet d'accord commercial avec le Mercosur, risque de prendre du retard. 

Interlocuteur de Trump ?

Jair Bolsonaro est l'un des rares candidats à ne pas avoir négligé la politique extérieure durant sa campagne électorale. Mais il a effectué des choix surprenants en se rendant en Israël ( où il a annoncé son intention de déménager l'ambassade à Jérusalem), en Corée du Sud et à Taiwan pour montrer sa méfiance vis à vis de Pékin où il n'est pas allé. « La Chine, dira-t-il plus tard, n'est pas en train d'investir au Brésil, elle est en train d'acheter le Brésil ! » 

Passées les déclarations à l'emporte-pièce, le nouveau gouvernement va être rapidement confronté à la réalité, la Chine étant le  premier partenaire commercial du Brésil. « Pour l'instant, il n'a pas encore bien compris les enjeux. Mais quand il prendra connaissance des chiffres et de leur portée stratégique, il pourra changer d'avis », s'amuse un expert.

Pour Jair Bolsonaro, le principal  allié potentiel reste Donald Trump. Le Brésilien a les yeux rivés sur les Etats-Unis, avec qui il promet de développer une relation commerciale bilatérale, tout en espérant que les mesures protectionnistes américaines, notamment sur l'acier, soient levées. Sur twitter, Jair Bolsonaro a déclaré avoir reçu un appel du président américain dimanche soir, qui l'aurait « félicité pour cette élection historique ». 

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