Le Mexique sous l’emprise tentaculaire de la mafiocratie

Le Mexique sous l’emprise tentaculaire de la mafiocratie

Géopolitique des mafias » (1/6) – Les élections de juin ont donné lieu à une avalanche de crimes. Afin d’assurer des protections politiques à leur narcotrafic, les cartels de la drogue ont fait couler le sang pour non seulement infiltrer encore un peu plus l’Etat, mais aussi gouverner avec lui.

Alors que se jouait le plus grand scrutin de l’histoire du Mexique, l’assassinat d’Alma Rosa Barragan a marqué les esprits. Cette chef d’entreprise novice en politique, qui briguait la mairie de Moroleon dans l’Etat de Guanajuato (centre), tenait un meeting sur un parking de cette petite ville décrépie, le 25 mai, quand a surgi un commando de deux pick-up et de quatre motos. Tirs en rafale. La quinquagénaire s’est écroulée, micro à la main.

La scène, immortalisée par une vidéo circulant en boucle sur les réseaux sociaux, a jeté une lumière crue sur les violences inouïes qui ont émaillé ce processus électoral pas comme les autres. Pour en influencer l’issue, les cartels de la drogue ont brandi la peur et fait couler le sang. Des méthodes qui ne sont pourtant que la partie visible de la « narcopolitique » mexicaine, dont les réseaux tentaculaires confèrent à la république fédérale des airs de « mafiocratie ».

Ce mégascrutin destiné à renouveler, le 6 juin, les 500 sièges de la Chambre des députés, quinze des trente et un postes de gouverneur et à élire plus de 20 000 responsables locaux – dont 2 000 maires – aura coûté la vie à trente-six candidats. Au total, 143 hommes et femmes politiques ont été assassinés depuis le début du processus électoral, le 7 septembre 2020.

« Ce record historique [du nombre de postes à pourvoir] explique l’avalanche de crimes », estime Carlos Rubio, sous-directeur d’Integralia, un cabinet de conseil en affaires publiques. Attaques en plein jour, enlèvements, QG de campagne criblés de balles… Integralia a dénombré 239 agressions physiques dans trente des trente-deux Etats mexicains. « Plus de mille, si on ajoute les menaces contre des candidats », précise M. Rubio.

L’itinéraire tragique de la candidate Barragan est à l’image de la fragile démocratie mexicaine. Après son assassinat, sa fille a remporté la mairie – à 48,5 % des voix – sous la bannière du petit parti de gauche Mouvement citoyen. Puis la presse a révélé que le fils de la victime était accusé de diriger la branche régionale du Cartel de Jalisco Nueva Generacion (CJNG), selon un rapport judiciaire censé rester confidentiel.

« Mme Barragan était-elle une narcocandidate ou a-t-on cherché à la décrédibiliser pour justifier l’hécatombe ? », s’interroge David Saucedo, spécialiste du crime organisé. La polémique gronde dans un pays miné par la guerre sanguinaire – avec 34 523 homicides répertoriés en 2020 par le ministère de la sécurité publique – que se livrent les cartels pour contrôler les routes approvisionnant les Etats-Unis, premier consommateur mondial de drogue.

De l’argent ou du plomb
Pour y parvenir, les urnes sont un enjeu de taille : « Pas de narcotrafic sans protection politique, résume Eduardo Guerrero, spécialiste du crime organisé et dirigeant de Lantia Consultores, un cabinet de conseil et d’analyse, spécialisé en politiques publiques. Jamais l’influence électorale des mafias n’avait été aussi massive et décomplexée. »

Parmi les trente-six candidats assassinés, trente briguaient des mandats de maire ou de conseiller municipal. « Pour consolider leur emprise territoriale, les cartels font pression sur les postes municipaux, plus facilement contrôlables. [Ces derniers] leur assurent ensuite la protection de la police municipale et l’obtention de contrats publics pour blanchir l’argent sale », poursuit M. Guerrero.

Le 6 juin, un individu a lancé une tête coupée dans un bureau de vote de la ville frontalière de Tijuana. Dans les Etats de Guerrero et de Michoacan, producteurs d’héroïne et de drogues de synthèse, des hommes armés ont menacé des électeurs et dérobé des urnes.

C’est dans l’Etat de Sinaloa, fief du cartel du même nom, que les attaques ont été les plus nombreuses. « Beaucoup de candidats de tous les partis ont jeté l’éponge sous les menaces, souligne le journaliste d’investigation Ricardo Ravelo. Les “narcos” jouent aux grands électeurs. Ils tuent leurs opposants, et parrainent leurs propres candidats en finançant leur campagne ou en leur offrant des protections. » En moyenne, pour chaque peso déclaré par un candidat à un poste de gouverneur et contrôlé par l’Etat, 15 pesos de plus sont versés de manière occulte, selon une étude intitulée « L’argent sous la table. Financement et dépenses illégales dans les campagnes politiques au Mexique », réalisée, en 2018, par l’association Mexicains contre la corruption et l’impunité et par Integralia.

« C’est la stratégie dite plata o plomo [« de l’argent ou du plomb »] : accepter le pot-de-vin ou se prendre une balle, insiste M. Ravelo. La force de frappe financière du crime organisé est colossale. » Une quinzaine de cartels opèrent sur le territoire national aux côtés de plus de 300 gangs locaux, souvent utilisés comme sous-traitants, et contrôlent le trafic de cocaïne sur l’ensemble du continent. Le Mexique est aussi le troisième producteur mondial de pavot, à partir duquel est fabriquée l’héroïne, même si l’intérêt des cartels se porte désormais sur les drogues de synthèse – sans parler du vol de pétrole, du trafic de migrants, des extorsions…

Une « coopérative » de parrains
Pour Edgardo Buscaglia, spécialiste du crime organisé, « deux grands cartels sortent du lot : celui de Sinaloa et le CJNG qui, avec leurs réseaux transnationaux, ont hissé le Mexique au rang de troisième économie mafieuse, après la Russie et la Chine. »

Le cartel de Sinaloa demeure le plus puissant et le plus ancien. Longtemps dirigée par Joaquin Guzman, dit « El Chapo » – condamné à perpétuité, aux Etats-Unis, en 2019 –, cette « coopérative » de parrains est aujourd’hui implantée dans plus de soixante-dix pays, selon le Groupe Egmont, un réseau international de services de renseignement financier. La présence de son principal concurrent, le CJNG, a été identifiée dans une cinquantaine d’Etats. La tête de son chef, Nemesio Oseguera Cervantes – alias « El Mencho » – est mise à prix 10 millions de dollars (8,5 millions d’euros) par Washington.

Malgré cette expansion, ces multinationales du crime ont conservé leur base arrière au Mexique. « Le trafic de drogue, la migration, le trafic d’êtres humains, tous sont des symptômes d’organisations criminelles transnationales opérant souvent dans des zones non gouvernées : 30 % à 35 % du Mexique », alertait, en mars, lors d’une conférence au Pentagone, le général Glen VanHerck, patron du Northcom (commandement nord des Etats-Unis). Une estimation basse selon M. Buscaglia, qui les a repérées dans vingt-quatre des trente-deux Etats mexicains : « Les grands cartels [y] recherchent le soutien des gouverneurs pour préserver leur impunité régionale. »

Les scandales s’enchaînent
De fait, une quinzaine d’anciens gouverneurs sont derrière les barreaux, en fuite ou sous le coup d’une enquête pour détournements de fonds et/ou narcotrafic. La plupart sont issus du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui régna sur le Mexique de 1929 à 2000, puis de 2012 à 2018. Le 6 juin, jour du scrutin, l’arrestation de Roberto Sandoval, richissime gouverneur de l’Etat de Nayarit, entre 2011 et 2017, a eu l’effet d’une bombe médiatique. Cette figure du PRI était déjà sous le coup de sanctions américaines depuis 2019, en raison de ses liens avec le CJNG et le cartel des frères Beltran Leyva. En détention préventive dans la prison fédérale d’El Rincon, il est notamment accusé de blanchiment d’argent, d’enrichissement illicite et de fraudes électorales.

Depuis, les scandales s’enchaînent. Plus de 130 nouveaux élus feraient l’objet d’une enquête pour financement illégal, selon une source proche de l’unité mexicaine de renseignement financier (Unidad de inteligencia financial ; UIF).

Parmi eux, Ricardo Gallardo Cardona a remporté le poste de gouverneur de San Luis Potosi, soutenu par la coalition du Parti vert et du Parti du travail. Lui et son père, tous deux anciens édiles locaux, sont soupçonnés de liens avec le cartel del Noreste, considéré comme le troisième plus important du pays. Surnommé « El Pollo » (« le poulet »), M. Gallardo Cardona avait passé onze mois en prison en 2015, pour avoir blanchi 200 millions de dollars, avant d’être libéré faute de preuves. « C’est la première fois qu’un candidat aux antécédents criminels notoires accède au pouvoir régional par les urnes », note M. Guerrero.

Mais c’est le Mouvement de régénération nationale (Morena, centre gauche) du président Andres Manuel Lopez Obrador (« AMLO »), qui cumule les accusations. A l’issue du scrutin, la coalition menée par Morena a conservé sa majorité au Congrès, renforcé sa présence municipale et remporté onze des quinze postes de gouverneurs en lice.

Dans l’Etat du Michoacan, le gouverneur sortant n’a pas hésité à dénoncer « l’ingérence manifeste du crime organisé en faveur de Morena ». Il a qualifié son successeur du parti Morena, Alfredo Ramirez Bedolla, de « narcocandidat », soulignant ses liens familiaux avec Adalberto Comparan, dont il serait le neveu. M. Comparan a été intercepté, le 30 mars, au Guatemala, à la demande des Etats-Unis qui l’accusent de diriger les cartels unis du Michoacan. Il avait par ailleurs été maire de la petite ville d’Aguililla, de 2008 à 2011, devenue, depuis, champ de bataille pour les cartels unis et le CJNG qui, entre corps mutilés et massacres de masse, rivalisent en matière d’ultraviolence.

« Aguililla est la ville natale d’“El Mencho”, le patron du CJNG, explique Jesus Lemus, journaliste d’investigation indépendant. C’est aussi l’une des portes d’entrée de la Sierra Madre occidentale, avec ses laboratoires clandestins de méthamphétamines. C’est enfin une étape stratégique sur la route qui part du port de Lazaro Cardenas, haut lieu de l’importation de précurseurs de drogues de synthèse [substances chimiques utilisées pour leur fabrication] en provenance de la Chine. Mais la carte de la narcopolitique a été redéfinie par le scrutin, bien au-delà du seul Etat de Michoacan. »

Forts soupçons de collusion
Désormais, le parti d’« AMLO » contrôle huit des neuf Etats qui forment le « couloir Pacifique du narcotrafic ». Morena va aussi gérer huit des quinze villes les plus violentes du pays, dont Tijuana et Ciudad Juarez, à la frontière américaine.

Les plus forts soupçons de collusion politico-mafieuse concernent l’Etat de Sinaloa. Avant de remporter le poste de gouverneur, le candidat de Morena, Ruben Rocha Moya, avait rencontré le chef du cartel de Sinaloa, Ismael Zambada Garcia, alias « El Mayo » qui « lui a donné sa bénédiction », affirme la journaliste d’investigation Anabel Hernandez, qui a révélé l’affaire. Dans le clan rival du PRI, le responsable de la campagne ainsi que plusieurs militants ont été enlevés par des hommes armés. « De quoi assurer à M. Rocha Moya une victoire écrasante, avec 24 points d’avance, confirme M. Guerrero. A travers son soutien, “El Mayo” espère obtenir des faveurs de la présidence de la République. »

De là à voir une influence des cartels sur les scrutins présidentiels, il y a un pas que M. Guerrero se refuse à franchir : « A l’échelle nationale, cette influence passe par l’infiltration des institutions. » Dans ce domaine, l’exemple le plus édifiant reste celui de Genaro Garcia Luna, ex-ministre de la sécurité publique considéré à l’époque comme le « tsar » antidrogue (2006-2012), avant d’être arrêté, le 9 décembre 2019, à Dallas, au Texas. Il est désormais poursuivi par la justice américaine pour avoir protégé le cartel de Sinaloa, moyennant finances. Ce scandale menace aussi celui qui lui avait confié la lutte contre le narcotrafic – l’ancien président Felipe Calderon, du Parti Action nationale (PAN, droite) – en déployant des milliers de soldats sur le territoire.

Cette offensive militaire avait exacerbé la guerre des cartels, à l’origine de plus de 300 000 morts depuis 2007. Dans son ouvrage El Licenciado (« Le licencié », HarperCollins, 2020, non traduit), consacré au « tsar » déchu, Jesus Lemus décrit une rencontre, à l’été 2006, à Saltillo, entre le président élu Calderon et Sergio Enrique Villarreal, alias « El Grande » (« le grand »), ancien chef des sicarios du cartel des frères Beltran Leyva, alors allié à celui de Sinaloa. « “El Grande” m’a assuré avoir versé 20 millions de dollars à [M. Calderon] pour qu’il nomme Garcia Luna », raconte l’auteur. En attendant le procès de M. Garcia Luna, prévu le 8 août, aux Etats-Unis, Mexico réclame son extradition pour qu’il soit jugé dans son pays.

Mais, entre les deux voisins, la méfiance règne depuis un fâcheux précédent. Un autre cador de la lutte antidrogue, Salvador Cienfuegos, ex-ministre de la défense sous la présidence PRI d’Enrique Peña Nieto (2012-2018) avait, lui aussi, été arrêté en octobre 2020, à l’aéroport de Los Angeles, en Californie. Accusé d’avoir protégé le cartel H-2, héritier de la mafia des frères Beltran Leyva, il avait été rapatrié au Mexique, un mois plus tard, pour y être jugé, à la demande du gouvernement d’« AMLO ». « Washington a cédé pour ne pas affecter la coopération bilatérale contre le narcotrafic et l’immigration illégale », analyse Mme Hernandez. Dès janvier, les poursuites contre M. Cienfuegos ont été abandonnées, pour manque de preuves. « Les accusations américaines étaient pourtant solides », assure Mme Hernandez, qui explique la libération du général Cienfuegos « par l’importance de l’armée pour “AMLO” ». Comme ses prédécesseurs, le président s’appuie sur les militaires dans sa lutte contre l’insécurité.

« Le Mexique est devenu une “mafiocratie”, où le vote des citoyens pèse moins que l’influence des mafias. Et où le crime organisé s’est institutionnalisé avec Garcia Luna », s’indigne M. Buscaglia. Une déviance accentuée, selon lui, par la fin du pouvoir exercé durant plus de soixante-dix ans par le PRI : « Sous le règne de ce parti hégémonique et corrompu, le narcotrafic était dominé par le politique à partir d’un pouvoir centralisé autour du président et basé sur le système clientéliste du PRI. Paradoxalement, l’alternance politique induite par l’arrivée [en 2000] du PAN à la présidence a dopé les pouvoirs locaux des gouverneurs et des maires, qui négocient désormais directement avec le crime organisé. »

Le ras-le-bol des Mexicains envers la corruption du PRI et du PAN explique en partie la victoire triomphale d’« AMLO« à la présidentielle de 2018 (53 % des voix) sur sa promesse de « rompre avec la mafia au pouvoir ». Depuis, le président a mis fin à la guerre contre les cartels. Fort de son slogan « abrazos, no balazos » (« des embrassades, pas des balles »), il prône la « pacification du pays » en privilégiant la prévention des délits et la baisse de la pauvreté.

Rompre le pacte d’impunité
« Cette “pax mafia” a ouvert une brèche dans laquelle les cartels se sont engouffrés, regrette M. Guerrero. La libération d’Ovidio Guzman, un des fils d’« El Chapo », le prouve. Interpellé par l’armée, le 17 octobre 2019, à Culiacan, dans l’Etat de Sinaloa, le narcotrafiquant a été relâché six heures plus tard pour calmer les tueurs de son cartel qui avaient déjà fait huit morts et dix-neuf blessés. « La vie des gens vaut plus que la capture d’un criminel », avait alors justifié « AMLO ». Ces événements n’ont fait l’objet d’aucune enquête, judiciaire ou parlementaire.

« “AMLO” est un pragmatique, pense M. Guerrero. Il privilégie le cartel de Sinaloa pour affaiblir ses concurrents, dans l’espoir de réduire ainsi la violence. » Avec près de cent homicides quotidiens depuis trois ans, le bilan est décevant. L’année 2019 a atteint le taux record d’homicide de vingt-neuf pour 100 000 habitants.

Et M. Buscaglia de déplorer : « “AMLO” n’a pas renforcé les institutions d’audit financier contre l’argent sale en politique. Les plaintes de l’UIF auprès du parquet restent lettre morte. » Conséquence : seuls 5 % des candidats en lice, le 6 juin, ont déclaré leur patrimoine aux autorités, selon l’organisation Transparencia Mexicana. « Sans une réforme antimafia, le pacte d’impunité tacite entre les cartels et le milieu politique ne sera pas rompu », avertit M. Buscaglia.

En face, « AMLO » nie « toute relation de son parti avec le crime organisé », et martèle que la « gouvernabilité n’est pas en danger ». Il a provoqué la polémique en déclarant, au lendemain du scrutin, qu’« ils se sont bien comportés », en référence aux cartels, comme s’il se résignait à leur présence électorale.

David Saucedo, spécialiste du crime organisé, ne cache pas son inquiétude : « La violence des narcos a créé un effet pervers de contagion chez les politiciens locaux. Certains ont recruté des tueurs pour éliminer un concurrent, parfois au sein d’un même parti. » Après l’assassinat de René Tovar, candidat à la mairie de Cazones, dans l’Etat de Veracruz (Est), c’est ainsi son chef de campagne et suppléant, Omar Ramirez, qui a remporté l’élection. Il a, depuis, été arrêté, accusé d’avoir fomenté ce meurtre.

Les journalistes aussi sont pris pour cible, à l’instar de Jesus Lemus contraint de quitter le pays après la publication de son ouvrage sur M. Garcia Luna. « Lui est derrière les barreaux, mais des fonctionnaires de niveau inférieur, qu’il a placés, sont toujours là », dit le journaliste menacé de mort.

Année après année, le Mexique demeure l’un des pays les plus dangereux et meurtriers au monde pour les médias. La journaliste d’investigation Anabel Hernandez s’est elle aussi résolue à s’expatrier. Elle dénonce « une démocratie truquée et hypocrite, qui se retourne contre la population ». « Le “narco” n’infiltre pas seulement l’Etat, ajoute-t-elle. Il gouverne avec lui. »

Le 29 juin, un rapport de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a fourni la démonstration magistrale de cette inquiétante dérive. L’organisation y dénonce l’activité d’une « structure criminelle » implantée au sein même du bureau du ministère public dans l’Etat de Nayarit, liée à la disparition forcée de quarante-sept personnes en 2017. Le procureur était alors Edgar Veytia, condamné, en 2019, aux Etats-Unis, à vingt ans de prison pour narcotrafic. Le gouverneur de l’époque n’était autre que Roberto Sandoval, arrêté avec fracas le jour même du scrutin du 6 juin.

« M. Veytia avait mis les ressources de l’Etat au service de plusieurs cartels, sans doute avec le soutien de M. Sandoval, précise Jimena Reyes, directrice de la FIDH pour les Amériques. Cette structure criminelle commettait des meurtres, se livrait à des extorsions et à des actes de torture. » L’organisation a alerté la Cour pénale internationale sur ces « attaques systématiques qui constituent un crime contre l’humanité ». Des affaires similaires éclatent partout au Mexique, où plus de 89 000 personnes sont actuellement portées disparues. Des milliers de charniers ont été découverts ces dernières années. Mme Reyes compare le pays à « un cimentière à ciel ouvert ».

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