Le FMI demande que ses ressources financières soient sécurisées

Le FMI demande que ses ressources financières soient sécurisées

La discussion concernant les moyens alloués au Fonds par ses Etats membres est un enjeu-clé des réunions de printemps de l’institution, du 9 au 14 avril, à Washington.

Comme le calendrier exige de le faire tous les cinq ans, le FMI doit procéder à une révision des quotes-parts d’ici à l’automne. Or le Trésor américain est formel : il n’est pas question d’accroître les ressources permanentes, qui sont « amplement »suffisantes, a-t-il signifié, fin 2018. « Ces déclarations ont provoqué un certain effroi », souligne un responsable européen. Car les autres accords d’emprunt sont, eux, censés arriver à leur terme entre 2020 et 2022. S’ils n’étaient pas renouvelés, la puissance de feu financière du Fonds se retrouverait soudain divisée par deux.

La fonction de « prêteur en dernier ressort » de l’institution est ici en jeu. Personne n’attend du FMI qu’il fasse barrage, avec ses seuls moyens, à une nouvelle tempête financière mondiale. Mais de violents accès de nervosité sur les marchés pourraient faire flancher certaines économies émergentes aujourd’hui très endettées. Et rendre nécessaire son intervention pour éviter un effet domino.

C’est précisément ce qu’il a tenté de faire à l’été 2018, en volant au secours de l’Argentine, avec un prêt de 57 milliards de dollars, un montant inédit dans les annales de l’institution. Mais qu’adviendrait-il dans un scénario de crise frappant, de conserve, plusieurs pays émergents ? « Des ressources adéquates pour les institutions multilatérales restent essentielles pour conserver un filet de sécurité mondial efficace », a souligné, mardi 9 avril, l’économiste en chef du Fonds, Gita Gopinath.

Ces derniers mois, les Etats-Unis ont assuré avoir pris la mesure de la situation. S’ils restent campés sur leur refus d’augmenter les quotes-parts, une solution alternative pourrait être de reconduire certains accords d’emprunts, voire d’en gonfler le volume. Une option qui pourrait être validée dès la conclusion de ces réunions de printemps, dimanche 14 avril.

Crainte des Etats-Unis de voir la Chine gagner en influence

Pour les partisans du FMI, il y a urgence à sceller ce compromis, afin de parer à toute éventualité, au moment où l’économie mondiale ralentit. D’autant que l’administration Trump devrait encore obtenir l’aval du Congrès. La dernière fois que les Etats-Unis ont accepté de muscler l’arsenal du Fonds, en 2010, sous Barack Obama, le Congrès a laissé passer cinq ans avant d’accepter de ratifier le projet.

Cette fois, les choses pourraient aller un peu plus vite. L’arrangement étudié par les Etats-Unis ne touche pas aux ressources permanentes du Fonds et donc à la structure de sa gouvernance. Autrement dit, si les quotes-parts ne bougent pas, les droits de vote non plus. Washington peut ainsi conserver son imperium sur le FMI. Un point favorable pour les membres du Congrès, peu désireux de voir la Chine gagner en influence à leur détriment, au sein d’une institution dont le siège se trouve à Washington, à quelques encablures de la Maison Blanche et du Trésor américain.

Certains redoutent pourtant qu’un tel statu quo finisse par affaiblir le Fonds en entamant sa crédibilité. Comment justifier, en effet, que la Chine, qui assure à elle seule un tiers de la croissance mondiale, n’y détienne que 6 % des droits de vote, contre 16,5 % pour les Etats-Unis ? « Un jour, il faudra tout de même augmenter les quotes-parts, pour moderniser le FMI et faire en sorte qu’il reflète mieux la réalité de l’économie mondiale, estime Mark Sobel, ancien représentant des Etats-Unis au Fonds. Sinon, les pays émergents, en particulier la Chine, se demanderont pourquoi continuer à participer à ce système. »

Le contexte

Mission

Comptant 189 Etats membres, le FMI a une mission d’assistance de pays confrontés à une crise de la balance des paiements. Ses financements sont octroyés en échange de programmes d’ajustement.

Ressources

Principale source de financement du FMI, les quotes-parts s’élèvent à 665 milliards de dollars (581,6 milliards d’euros). Celles-ci sont complétées par des emprunts multilatéraux (255 milliards de dollars) et des emprunts bilatéraux (450 milliards de dollars).

Représentativité

En droits de vote, calculés selon les quotes-parts, les trois Etats membres les plus importants sont les Etats-Unis (16,5 %), suivis du Japon (6,1 %), puis de la Chine (6 %).

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