Le Cac 40 paralysé par la crainte d’une contagion de la crise turque aux émergents

Le Cac 40 paralysé par la crainte d’une contagion de la crise turque aux émergents

La Bourse de Paris est au point mort. Même perspective à Wall Street. Les mesures prises par la banque centrale turque ont peu d’effet. A Francfort, le géant Bayer dégringole de plus de 10%.

La Bourse de Paris évolue autour de l'équilibre après avoir accusé vendredi une baisse de 1,59%, son plus net recul depuis le mois de juin. Aucune envie, pour les investisseurs, d’acheter des actifs à risque, alors que la crise turque laisse craindre une contagion à d’autres pays émergents. Les valeurs refuge sont, en revanche, recherchées, à l’image du yen, des treasuries américains ou bund allemand.

En début d'après-midi, le Cac 40 est stable à 5.420 points, dans un volume d’échanges de 1,03 milliard d'euros. A Francfort, le Dax parvient à ne céder que 0,57% malgré le plongeon de plus de 11% de Bayer, quatrième pondération de l’indice, grâce aux progressions d’autres poids lourds comme SAP, Allianz ou BASF. A Londres, le Footsie perd 0,52%. A New York, le contrat future Dow Jones recule de 83 points. Côté devises, l’euro est sous le seuil de 1,14 dollar, à 1,1388.

Nouveau plancher de la livre turque

Les yeux continuent bien entendu d’être rivés sur la Turquie, où les autorités tentent d’enrayer la glissade de la monnaie nationale, la livre, déjà tombée à des plus bas historiques face au dollar vendredi, séance au cours de laquelle l’indice phare parisien avait accusé sa plus forte baisse depuis le mois de juin.

Sans vraiment y parvenir pour le moment, la livre évoluant sur des niveaux de 6,90 par dollar après avoir touché un plancher historique à 7,2362.

La crainte des investisseurs ? Que la crise turque de ces derniers jours, qui n’a fait que mettre en lumière les faiblesses fondamentales du pays (inflation, déficit courant, dette extérieure en devises et faiblesse relative des réserves de changes), se propage à d’autres pays émergents. Tout comme la livre, le rand sud-africain montrait des signes de faiblesse ce matin, le pays étant jugé, au même titre que la Turquie et l’Argentine, l’un des pays émergents actuellement les plus fragiles.

La banque centrale intervient

Des mesures étaient attendues en ce début de semaine. Première d’entre elles, la banque centrale turque a annoncé qu'elle avait réduit de 250 points de base le coefficient de réserves obligatoires (RO) en livre turque pour toutes les échéances et avait abaissé de 400 points de base le coefficient de RO pour les passifs en devises jusqu'à trois ans d'échéance. Une décision prise pour donner aux banques une certaine souplesse dans la gestion de leur liquidité et assurer le fonctionnement adéquat des marchés financiers.

Au-delà de ces interventions de court terme, le ministre des Finances a indiqué que la Turquie va mettra en oeuvre un plan d'action économique ce lundi afin d'apaiser les inquiétudes des marchés financiers. Ce plan d'action vise en priorité les banques ainsi que les petites et moyennes entreprises, « les secteurs les plus affectés par les fluctuations monétaires actuelles ». Berat Albayrak a, en tout cas, rejeté les rumeurs selon lesquelles Ankara pourrait imposer des contrôles de capitaux. Il dit envisager aussi une limitation des dépenses publiques « si nécessaire ».

Hier, le président Recep Tayyip Erdogan avait réaffirmé son opposition à une hausse des taux d'intérêt et a dénoncé un « complot contre la Turquie », appelant à nouveau ses partisans à soutenir la monnaie nationale, comme il l’avait déjà fait vendredi.

Un appel au FMI ?

Selon les spécialistes de Bank of America Merryll Lynch, plusieurs options sont possibles pour la Turquie, la première étant de faire une nouvelle fois appel au FMI, comme évoqué, sans plus de détails, par le ministre des Finances ce week-end. Attention, cependant, car le Fonds monétaire international ne manquerait pas d’exiger des contreparties économiques contraignantes et des engagements d’Ankara sur le moyen-long terme. Pas sûr que le président Erdogan soit prêt à s’engager dans une telle voie. Parmi les autres pistes, un contrôle plus étroit des capitaux (perspective a priori écartée pour le moment par le ministre des Finances), un appel à la Russie ou, de manière beaucoup moins probable dans l’immédiat, un apaisement des tensions avec les Etats-Unis.

Bayer dégringole en Bourse à cause du Roundup

Côté valeurs, Bayer plonge à la Bourse de Francfort, après la condamnation record de sa filiale Monsanto, fabricant du désherbant Roundup, dans le cadre d’un jugement d’un tribunal californien. Le groupe, qui a fait appel de la décision, doit verser 289 millions de dollars à un agent d’entretien atteint d’un cancer.

A Paris, on signalera la chute d’Air France-KLM après que le principal syndicat des pilotes a mis en garde contre une prochaine grève si la direction du transporteur venait à refuser de reprendre les négociations sur les salaires.

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