L'Argentine trouve enfin un accord avec ses créanciers

L'Argentine trouve enfin un accord avec ses créanciers

Des créanciers privés ont accepté de réaménager 65 milliards de dollars de la dette du pays en défaut depuis mai.

C'est finalement mardi à 3 heures du matin, heure de Buenos Aires, à l'issue de près de quatre mois de négociations serrées, que le gouvernement argentin a conclu un accord avec un groupe de créanciers privés pour réaménager sa dette.

La troisième puissance latino-américaine (derrière le Brésil et le Mexique) est techniquement en défaut depuis le 22 mai, lorsqu'elle n'avait pas honoré un remboursement de 500 millions de dollars. L'économie argentine, déjà en crise avant le mois de mars, devrait se contracter cette année de 8 % à 12 % en fonction de l'évolution de la pandémie de Covid-19, selon l'OCDE.

Pour alléger le fardeau de sa dette extérieure, qui se monte à 324 milliards de dollars, soit 90 % du PIB, le gouvernement du président Alberto Fernandez avait entrepris des négociations avec trois groupes de créanciers privés, Exchange Bondholders, Ad Hoc Group of Argentine Bondholders et Argentina Creditor Committee. Ces derniers représentent des fonds d'investissement, dont BlackRock ou Fidelity, qui détiennent des obligations argentines (des titres de dette) émises en 2005, 2010 et 2016. Le réaménagement ou restructuration porte sur 66 milliards de dollars.

Les trois groupes de créanciers - Exchange Bondholders, Ad Hoc et Argentina Creditor Committee - avaient refusé fin juillet la dernière proposition du gouvernement du président Alberto Fernandez pour cette restructuration. Les discussions, en cours depuis le 20 avril, concernaient des obligations datant de 2005 et 2010, produits d'une restructuration précédente, ainsi que de nouveaux titres émis à partir de 2016.

Lors de la précédente séance de négociation, Buenos Aires proposait de payer 53,5 dollars de recouvrement pour chaque tranche de 100 dollars de la valeur nominale des obligations. Les créanciers exigeaient pour leur part 56,5 dollars. Un compromis a finalement été trouvé à 54 dollars par tranche de 100 dollars. Cela ne revient pas à dire que les créanciers effacent 46 % de la dette. Le calcul est beaucoup plus compliqué car il dépend aussi, entre autres, du rééchelonnement des échéances. Le ministère de l'Économie assure que le réaménagement se traduit par « allègement significatif de la dette », sans publier davantage de chiffres. Le président Alberto Fernandez s'est félicité de la restructuration d'une « dette impossible » au milieu de « la pire crise économique » du pays.

Bouffée d'oxygène
Cet accord offre une bouffée d'oxygène à l'Argentine qui pourrait éviter d'être exclue des marchés financiers comme elle le fut après son défaut cataclysmique de 2001. Le gouvernement devrait à présent négocier avec le Fonds monétaire international (FMI) qui lui avait prêté 44 milliards de dollars en 2018. Selon le Financial Times, il va essayer de reporter des échéances de remboursement dues en 2021 et 2023 en évitant des mesures d'austérité, comme l'avait promis Alberto Fernandez lors de son élection l'an dernier.

L'Argentine a été particulièrement atteinte par la pandémie. Le gouvernement a en effet mis en place depuis le 20 mars un des confinements les plus longs du monde, plutôt efficace sur le plan sanitaire, mais qui a entraîné, au mois d'avril, un plongeon de 26 % de l'activité. Si, ailleurs dans le monde, l'arrêt de l'économie a tendance à faire stagner voire baisser les prix, les Argentins sont toujours aux prises avec une forte inflation : 13,6 % sur les six premiers mois de l'année, après 53 % en 2019.

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