L'Argentine mise sur l'économie de la connaissance

L'Argentine mise sur l'économie de la connaissance

En pleine hémorragie de devises étrangères, le pays cherche à dynamiser ses exportations. Le secteur représente 10 % des ventes de l'Argentine à l'international.

La loi, attendue depuis des mois, a été votée par les députés jeudi 8 octobre à l'aube. Elle prévoit une série de bénéfices fiscaux et une réduction des cotisations patronales pour les entreprises de l'économie de la connaissance, un secteur éclectique incluant les logiciels, la biotechnologie , l'industrie spatiale ou la production audiovisuelle entre autres. Le pays cherche à « générer des investissements » dans ce secteur qui situe « l'Argentine comme une référence en Amérique latine », avance le ministre de la Production Matías Kulfas. L'objectif : faire passer les exportations de 6 milliards à 10 milliards de dollars et générer 100.000 emplois d'ici 2029. Actuellement le secteur représente 10 % des exportations, a souligné le président Alberto Fernández.

En pleine tourmente économique, les entreprises de la connaissance apparaissent comme un ancrage stratégique. Alors que l'hémorragie de devises étrangères a poussé la banque centrale à instaurer de nouvelles mesures restrictives à l'achat de dollars le mois dernier, le secteur s'avère pourvoyeur de précieux billets verts. « Les investisseurs internationaux apprécient le niveau de qualification et la complémentarité intra-culturelle », avance le ministre de la Production. Avec un fuseau horaire similaire, ce sont les Etats-Unis qui figurent de loin comme les premiers importateurs du pays, avant l'Amérique latine. Les services professionnels - juridiques, comptables ou techniques - sont les plus demandés, avant le segment des logiciels.

Jukebox virtuel
Musique commandée par les travailleurs depuis un jukebox virtuel à Q4tech, créateur de logiciels ; flexibilité de l'installation géographique des cadres chez le poids lourd du secteur numérique Globant ; revalorisations salariales suivant en général le rythme de l'inflation : les conditions de travail favorables proposées par ces structures, soucieuses de retenir les jeunes talents, détonnent dans un pays déjà secoué par deux années de récession consécutives. « L'avantage du secteur est qu'il génère un emploi de qualité, déclaré, bien rémunéré », observe Romina Gayá économiste et consultante. Une gageure alors que plus d'un tiers des travailleurs évoluent dans l'économie informelle , privant l'Etat de recettes fiscales.

Cette loi n'est pas le premier coup de pouce à un secteur stratégique : en quête de réactivation économique, le gouvernement vient d'assouplir, temporairement, les impôts à l'agriculture, de loin le moteur exportateur du pays . La manne agricole reste cependant soumise aux aléas climatiques et aux soubresauts des prix à l'international. « Et l'Argentine est loin du monde : le coût de ses exportations reste élevé. Avec l'économie de la connaissance, les services s'exportent par Internet », remarque Romina Gayá.

Mieux que rien

Les facilités fiscales suffiront-elles à stimuler les exportations de l'économie de la connaissance ? « C'est mieux que rien », estime dans une tribune Luis Galeazzi, président d'Argencon, entité regroupant les entreprises du secteur. Mais en comparaison avec une version antérieure, votée sous le précédent gouvernement de Mauricio Macri et laissée en suspens, cette nouvelle mouture « est faible sur ce point critique […], la compétitivité du pays sur le marché international », déplore Argencon. Frappé par les conséquences économiques de la pandémie , le pays devrait voir son PIB s'effondrer de 12 % cette année. Alors que le gouvernement est parvenu à restructurer une partie de sa dette , les discussions avec le FMI se poursuivent. Et rappellent le besoin criant de dollars, notamment afin que l'Argentine puisse honorer ses remboursements in fine.

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