La Fondation devoir de mémoire honorée pour son engagement

La Fondation devoir de mémoire honorée pour son engagement

La Fondation devoir de mémoire remporte cette année le Prix international des droits de l’homme Emilio F. Mignone. Mercredi, l’ambassade d’Argentine en Haïti a organisé une cérémonie pour remettre cette distinction décernée chaque année, depuis 2007, à une institution étrangère ou une personnalité pour sa contribution dans la promotion et la protection des droits humains.

Le Prix international des droits de l’homme Emilio F. Mignone est attribué cette année à la Fondation devoir de mémoire. Ce prix créé en 2007 récompense chaque année une institution étrangère ou une personnalité résidant à l’étranger et œuvrant pour la promotion et la protection des droits de l’homme. Les droits humains sont un axe de la politique extérieure d’Argentine et constituent une construction collective qui transcende les frontières, a rappelé l’ambassadeur d’Argentine en Haïti, Cesar Alberto Faes. C'est pourquoi ce prix ne se limite à aucun pays, a ajouté le diplomate.

M. Faes n’a pas tari d’éloges sur la Fondation devoir de mémoire qui, en remportant ce prix, succède à des organisations militant pour le respect des droits de la personne humaine en Bolivie, aux États-Unis, au Danemark entre autres.

« Ce prix est important pour nous qui avons tous été victimes de la dictature des Duvalier », a indiqué Guylène Salaire, secrétaire exécutive de la Fondation devoir de mémoire. Pour la Fondation devoir de mémoire qui immortalise les exactions commises par les sbires du régime duvaliériste, ce prix est pour Haïti une manière de reconnaître que du tort a été fait à la nation et que le pays a besoin d’un peu de solidarité, de justice et de connaître ce qui s’est passé au cours de la période comprise entre 1957 et 1986.

« C’est pour cela que ce prix est important pour nous », a ajouté la secrétaire exécutive, soulignant que le peuple argentin a souffert de la dictature au même titre que le peuple haïtien.

Modeste, la présidente de la Fondation, Marie-Marguerite Clérié, ne cache pas pour autant la fierté qui anime les membres de la Fondation qui a représenté Haïti à travers leur travail accompli pour promouvoir la liberté, la justice, la dignité et l’État de droit. « Nous sommes une jeune association luttant sur le terrain depuis sept ans pour la vérité. Il faut que les faits passés de notre histoire récente soient connus et que, dans les écoles, les livres scolaires mettent à jour sur cette triste réalité », revendique la figure de proue de la fondation.

Selon Marie-Marguerite Clérié, il n’est pas normal que cette tranche de notre histoire qui nous a façonnés, qui fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui ne soit pas connue. Cette histoire, si douloureuse qu’elle soit, si pénible qu’elle ait été, croit la présidente de la fondation, doit être connue pour que la jeunesse de ce pays puisse s’imprégner de cette histoire et ne plus jamais la revivre.

Conseiller à la fondation, Dominique Franck Simon dit avoir pensé que sa famille était la seule au monde à souffrir d'exaction. Il a fini par comprendre qu’il y avait aussi les familles telles Benoit, Mazoumbe, Bouchereau entre autres. D’ailleurs, toute l’Amérique latine a souffert à cause de la dictature. Il y a, selon lui, un devoir de mémoire.

« Nous n’allons pas garder notre souffrance. Nous allons la partager », précise M. Simon. Ce Prix international des droits de l’homme Emilio F. Mignone, confie Dominique Franck Simon, nous allons l’offrir surtout à ceux qui n’ont pas cru en notre devoir de mémoire.

La Fondation Devoir de mémoire se fixe déjà de nouveaux objectifs. « Je ne vais pas dire que Fort-Dimanche était un hasard. C’est une conséquence de la dictature et nous allons nous arranger pour que les dictatures de bas étage que nous avons connues et que nous sommes susceptibles de connaître ne recommencent plus dans ce pays », garantit le conseiller. À la présidente de la Fondation devoir de mémoire de renchérir : « Nous allons aussi nous battre pour que le gouvernement reconnaisse que Fort-Dimanche tel qu’il est doit être préservé car c’est notre seul lieu de mémoire, c’est là que nos parents et amis sont certainement enterrés. »

Pour elle, il est temps qu’Haïti dispose d’un parc du souvenir, un lieu de mémoire en l’honneur de toutes les victimes de la dictature duvaliériste.

Concernant les récents massacres qu’a connus le pays entre 2018 et 2020, les responsables de la Fondation disent être obligés de se taire car la structure est apolitique. Toutefois « cette douleur que le peuple haïtien ressent, on la ressent aussi parce que nous sommes humains, nous sommes déjà passés par là et nous avions pensé qu’on a cru qu’on n’aurait jamais à vivre cela en Haiti ».

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