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La décarbonisation des pays du G20 loin de l'accord de Paris

La décarbonisation des pays du G20 loin de l'accord de Paris

En 2017, aucun des pays du G20 n'a atteint le taux de décarbonisation de 6,4 % requis pour contenir le réchauffement climatique en deçà de deux degrés.

Il n'y a « presque aucune chance » pour que le principal objectif de l'Accord de Paris - contenir le réchauffement climatique en deçà de deux degrés d'ici 2100 - ne soit atteint. C'est le constat alarmant dressé par le cabinet d'audit international PwC dans  l'édition 2018 du « Low Carbon Economy Index » , une étude portant sur l'intensité carbone des pays membres du G20.

Pour ces économies, la baisse de consommation des combustibles fossiles (responsables des émissions de gaz à effets de serre) au profit des énergies propres, ou « décarbonisation », est « inférieure à la moitié des besoins identifiés », signale Sylvain Lambert, associé en charge du Développement durable et du Changement climatique chez PwC France. Soit une décarbonisation de 2,6 % en moyenne en 2017, alors que le taux attendu est de 6,4 % par an jusqu'à 2100.

Bons élèves

Après trois années de stagnation, les émissions de carbone sont même reparties à la hausse (+1,1 %), tirées par une croissance mondiale gourmande en énergie. La demande de charbon, encore largement utilisé par des pays comme la Turquie, l'Indonésie, l'Inde et surtout la Chine, est en progression de 1 %.

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Un tableau d'autant plus sombre que la consommation de matières premières (sable, métaux, charbon, calcaire, bois, etc) pourrait doubler d'ici 40 ans, pointe  un rapport de l'OCDE publié ce lundi .

La Chine figure cependant une nouvelle fois en tête des bons élèves avec un taux de décarbonisation de 5,2 %. Principal consommateur de charbon - il absorbe près de la moitié de la production mondiale -, le pays a réduit son intensité carbone de 41 % au cours des dix dernières années. Ses investissements se concentrent désormais dans les services ou la tech, au détriment des industries à forte intensité énergétique.

Suivent le Mexique, l'Argentine, le Royaume-Uni et le Brésil. La France, « bien placée en valeur absolue dans la mise en place d'une économie verte », selon Emilie Bobin, associée au sein du département développement durable de PwC, stagne à -1,2 %.

Crédit carbone limité

Rare chiffre positif : la consommation d'énergies renouvelables, « largement portée par la chute des prix et les investissements croissants des gouvernements », a crû de 17 %.

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Autre motif d'espoir, « le déploiement des nouvelles technologies [...] peut contrebalancer le modèle économique actuel à forte intensité énergétique », écrivent les auteurs de l'étude.

Les systèmes de chauffages d'immeubles par des data centers, les imprimantes 3D ou les véhicules électriques autonomes pourraient ainsi changer la donne. L'adoption à grande échelle des voitures électriques, par exemple, permettrait de réduire d'un tiers les émissions de carbone, et limiterait le réchauffement climatique à deux degrés, explique le cabinet.

Mais si les choses n'évoluent pas, prévient PwC, notre « crédit » carbone sera épuisé en... 2036.

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