Environnement. L’Europe ne veut plus manger de forêts

Environnement. L’Europe ne veut plus manger de forêts

Les Européens consomment, sans le savoir, des produits issus de la déforestation. Le Parlement a adopté un rapport, ce jeudi 22 octobre, pour pousser la Commission à légiférer sur ces importations néfastes pour le climat et la biodiversité.

Le Parlement européen a adopté, jeudi 22 octobre, un rapport d’initiative législative qui pourrait freiner une partie de la déforestation en Amazonie ou en Asie. Ficelé par la socialiste allemande Delara Burkhardt, il pousse la Commission à légiférer pour garantir aux consommateurs de l’UE du soja, du bœuf, de l’huile de palme ou encore du caoutchouc produits sur des terres déjà défrichées.

Nous avons besoin d’un cadre réglementaire pour nos chaînes d’approvisionnement , plaide Delara Burkhardt, qui recommande une vérification technique obligatoire en amont de la chaîne. Cela obligerait les entreprises et les pays producteurs à mettre en place des contrôles.

Cette solution est préférée à l’étiquetage, auquel de nombreux produits transformés échappent, comme l’a montré l’enquête de Disclose, sur le géant brésilien de la viande JBS, en juillet. Entre mai 2019 et avril 2020, le groupe a exporté 46 500 tonnes de viande vers le vieux continent, qui se fondent sans le dire dans des pâtes fourrées…

En 2016, des agriculteurs de Dinan avaient exhumé sous les yeux des journalistes du Petit Bleu des Côtes-d’Armor des stocks de bœuf brésilien destinés à une usine de transformation fournissant les rayons de Leclerc. Le patron du magasin local ignorait que les plats préparés qu’il vendait en contenaient. L’élevage intensif de bovins, et la culture du soja pour les nourrir est l’une des principales causes de la destruction de la nature sud-américaine.

Les ONG ont applaudi l’initiative du Parlement, jeudi. L’UE est responsable de plus de 10 % de la déforestation mondiale, rappelle Nico Muzi, directeur européen de l’ONG environnementale Mighty Earth. De plus en plus de citoyens réclament l’assurance que les aliments qu’ils achètent n’aggravent pas le changement climatique et la destruction de la biodiversité.

Les groupes agroalimentaires ne sont pas les seuls visés par les parlementaires européens. Les banques aussi. En février, l’ONG Global Witness avait passé à la loupe les financements de six groupes agroalimentaires liés au déboisement de l’Amazonie, du bassin du Congo et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, entre 2013 et 2019. Ils provenaient principalement d’institutions financières européennes, avec 7 milliards investis. L’Espagne, la France et les Pays-Bas arrivaient en tête avec près de deux milliards chacun.

Que deviendra le rapport adopté ce jeudi, avec 377 voix ? C’est toute la question. Car le Parlement n’en finit plus de voter des résolutions pour pousser la Commission et les États à légiférer contre nos importations dévastatrices pour les forêts primaires. Les équipes de la présidente Von der Leyen ont ouvert une consultation publique en 2019 et doivent se prononcer bientôt. Elle pourrait s’appuyer sur le rapport Buckhardt, ayant elle-même promis qu’elle ferait progresser les initiatives législatives du Parlement européen .

Il y a urgence , pour les 100 ONG réunies par la campagne mondiale Together4Forests (Ensemble pour les forêts). Car l’Amazonie brésilienne n’est pas la seule forêt à partir en fumée. Dans les autres pays du Mercosur, les feux pour défricher de nouvelles terres ont augmenté de 170 % en Argentine et de 46 % au Paraguay en 2020, par rapport à la dernière saison sèche.

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