En Argentine, les restrictions sanitaires aggravent la récession

En Argentine, les restrictions sanitaires aggravent la récession

L’économie, dans le rouge depuis 2018, souffre d’un long confinement. Le PIB a chuté de 19,1% entre avril et juin.

Malgré un long confinement et des mesures sanitaires toujours très restrictives, le nombre de cas et de victimes du Covid continue de progresser en Argentine. L’Amérique latine est une des régions les plus touchées sur le plan économique, notamment en raison du poids important du secteur informel. Il représente 47% de l’emploi en Argentine.

Le PIB argentin a reculé de 19,1% au deuxième trimestre, en glissement annuel. L’hôtellerie et la restauration ont été touchées de plein fouet, en baisse de 73,4%, de même que les services à la personne (-67,7%) et la construction (-52,1%) selon l’Institut national des statistiques.

Surtout, avant l’arrivée du virus, l’économie argentine était déjà mal en point, plongée en récession depuis le premier trimestre 2018. Buenos Aires a bataillé pendant des mois pour éviter le défaut, trouvant finalement en août un accord de restructuration sur une partie de sa dette portant sur 100 milliards de dollars. Cela a permis de repousser les échéances de remboursement et d’abaisser le coût des emprunts. «C’est une bouffée d’oxygène à court terme, commente Adriana Meyer, responsable risque pays de Bpifrance. Mais la perspective de reprise sera très longue. Car les mesures de restriction prises récemment pour réduire la pression sur les devises freinent beaucoup l’activité.» Pour contenir les réserves de la banque centrale - environ 7 milliards de liquidités disponibles - le gouvernement impose des taxes sur les achats de dollars, qui sont limités à 200 dollars par mois. L’objectif, a défendu le président Alberto Fernandez, est que le «dollar cesse d’être un mécanisme de spéculation». Confrontés à des crises récurrentes, les Argentins cherchent traditionnellement refuge dans le billet vert pour échapper à l’inflation, autour de 40% cette année.

Plan crédible

«Les dispositions sont aussi contraignantes pour les entreprises, qui risquent de se retrouver en défaut», précise Adriana Meyer. Des groupes étrangers, à l’instar de l’entreprise de distribution chilienne Falabella, quittent le pays.

L’accord avec les créanciers a en tout cas permis à Buenos Aires de reprendre langue avec le FMI (Fonds monétaire international) pour négocier un nouveau prêt, jugé indispensable, ne serait-ce que pour rembourser les échéances du précédent plan de 2018, prévues en 2022. «On ne connaît pas les conditions, le FMI va nécessairement imposer des réformes et on attend toujours du gouvernement un plan crédible de sortie de crise», nuance l’économiste de Bpifrance.

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