Emmanuel Macron annonce un référendum pour intégrer le climat à la Constitution

Emmanuel Macron annonce un référendum pour intégrer le climat à la Constitution

18:40 - A l'issue de ses échanges avec les citoyens de la Convention pour le climat, lundi soir, le chef de l'Etat s'est dit favorable à une modification de l'article 1 via un référendum. Mais il faudra que cette réforme soit d'abord votée dans les mêmes termes par les deux assemblées. Obtenir le feu vert de la droite, majoritaire au Sénat, s'annonce très difficile.

La mise en scène a été soignée. Et l'effet de surprise réussi. Emmanuel Macron a attendu plus de trois heures ce lundi soir, à la fin de ses échanges avec les citoyens de la Convention pour le climat , pour faire son annonce. Le chef de l'Etat s'est dit favorable à un référendum pour inclure le climat dans la Constitution. A voir les visages des ministres présents à ses côtés, peu au gouvernement avaient dû être mis dans la confidence. Les citoyens, eux aussi, ont mis quelques instants à réagir, au point qu'un long silence a précédé les applaudissements.

Modifier l'article premier de la Constitution pour y inscrire que « la République garantit la préservation de la biodiversité, de l'environnement et lutte contre le dérèglement climatique » était l'une des propositions fortes de la Convention.

« On veut que cet article Premier soit discuté par tous », venait de plaider l'un des citoyens, Grégoire Fraty, quelques minutes avant cette annonce surprise. « Il faut y aller », avait-il poursuivi, « ce référendum, ce pays en a besoin car l'environnement c'est bien d'en parler, mais c'est bien que tout le monde puisse le dire ».

L'idée a déjà été discutée à deux reprises depuis 2018, dans le cadre des projets de révision constitutionnelle du chef de l'Etat. Mais ceux-ci n'ont jamais débouché, du fait notamment de l'hostilité de la droite, majoritaire au Sénat.

« Il faut y aller »

La question sera transmise au Conseil des ministres en même temps que le projet de loi issu des travaux de la Convention, en début d'année prochaine, a indiqué le Président. « Ce sera une réforme constitutionnelle en un article », a-t-il indiqué, en précisant bien qu'elle devrait d'abord être votée « en des termes identiques » par les deux chambres avant de pouvoir être soumise à référendum. Ce qui veut dire que la droite majoritaire au Sénat devra donner son feu vert. Ce qui s'annonce très difficile.

A droite comme à gauche, les réactions négatives ont d'ailleurs fusé sur Twitter après l'annonce présidentielle. Certains, comme le chef de file des sénateurs LR ,Bruno Retailleau ont dénoncé « un coup de com » de la part d'Emmanuel Macron « pour masquer son mauvais bilan écologique ». D'autres ont jugé que ce n'était pas le principal sujet de préoccupation en pleine crise sanitaire et économique. L'eurodéputé EELV David Cormand, lui, a fustigé « l'arbre du référendum pour cacher la forêt des renoncements… L'écologie bling bling contre l'écologie concrète ».

S'il se concrétise, ce référendum sera le premier à se tenir en France depuis 2005, qui avait porté sur la Constitution européenne et vu la victoire du « non ». « Un tel changement de notre Constitution obligerait tous les gouvernements à agir beaucoup plus pour le climat et la biodiversité. Toute loi qui n'agirait pas en ce sens serait inconstitutionnelle ! C'est une annonce majeure qui comporte le verbe clé « garantir », a lancé le député européen Pascal Canfin sur Twitter.

Lorsqu'il avait reçu les membres de la Convention en juin dernier à l'Elysée, Emmanuel Macron s'était dit ouvert à la tenue d'un référendum, en 2021, sur une modification du 1er article de la Constitution. Il avait en revanche écarté l'éventualité de réécrire le préambule pour y introduire la protection de l'environnement. La rédaction telle que proposée mettait le droit de la nature au-dessus de celui des droits humains, avait-il souligné.

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