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Edouard Philippe : « Je n’ai pas peur de réfléchir à l’idée de quotas » en matière migratoire

Edouard Philippe : « Je n’ai pas peur de réfléchir à l’idée de quotas » en matière migratoire

07/10 - 19:08 - Le premier ministre a lancé lundi à l’Assemblée nationale un débat sur l’immigration, voulu par Emmanuel Macron. Il a également évoqué un possible durcissement de l’accès à la naturalisation.

C’est un thème hautement sensible qui divise jusque dans la majorité : quel cap pour la politique migratoire de la France ?

Edouard Philippe a apporté quelques éléments de réponse lors d’un débat sans vote à l’Assemblée nationale, lundi 7 octobre, comme voulu par le président de la République Emmanuel Macron.

Le premier ministre a affirmé qu’il n’a « pas peur de réfléchir à l’idée de quotas » en matière migratoire, en particulier dans le domaine professionnel. « S’agissant de l’immigration professionnelle », il faut « avoir une approche pragmatique en relation avec nos besoins de main-d’œuvre », a-t-il déclaré, en référence à une catégorie qui concerne près de 34 000 personnes en France.

« Il faut lutter contre les abus et les fraudes »

« Les quotas ne peuvent pas s’appliquer à l’asile ni à l’immigration familiale », domaines sanctuarisés par des textes européens, a reconnu le premier ministre. Il a toutefois souligné que cette dernière catégorie « ne saurait échapper à toute maîtrise (…). Il faut lutter contre les abus et les fraudes, et resserrer les critères là où cela s’impose. »

Ce faisant, le premier ministre a ouvert la voie à un durcissement possible de cette immigration familiale, qui a concerné quelque 90 000 personnes en France en 2018, dont environ 12 000 pour le regroupement familial. « Nous nous sommes par ailleurs fixé des objectifs ambitieux d’accueil d’étudiants », a encore ajouté M. Philippe.

Par ailleurs, il a évoqué un possible durcissement de l’accès à la naturalisation, qui concerne 60 000 personnes par an environ. Il a affirmé que son gouvernement se penchait sur les « critères que nous nous donnons pour vérifier le niveau de langue française des candidats ». « Je pense qu’il faut relever ce niveau », a-t-il dit.

Un « plan de lutte contre les fraudes »

A la suite d’Edouard Philippe se sont exprimés Jean-Yves Le Drian, pour les affaires étrangères, Christophe Castaner, pour l’intérieur, et Agnès Buzyn, pour la santé.

MM. Castaner et Le Drian ont insisté sur la nécessité d’agir au plan international pour réguler les flux migratoires et faciliter le retour des personnes en situation irrégulière. Il nous faut « une approche globale pour agir le plus en amont avec les pays d’origine et de transit et éviter les tragédies en Méditerranée », a expliqué M. Le Drian, évoquant notamment la nécessité de « partenariats » sur la politique des visas. L’immigration, « c’est d’abord une question internationale et l’Europe est au cœur des défis et des solutions », a approuvé M. Castaner.

Agnès Buzyn a pour sa part défendu avec force le système de protection sanitaire des immigrés en vigueur : « Oui, en France, on ne laisse pas des personnes périr parce qu’il leur manque le bon tampon sur le bon document. » Concernant l’Aide médicale d’Etat (AME), elle a cependant annoncé un « plan de lutte contre les fraudes ».

« Je pense que nous avons loupé ces dernières années l’intégration telle que nous aurions dû la réussir », a par ailleurs jugé lundi Christophe Castaner. Quant au ministre des relations avec le Parlement, Marc Fesneau, il a mis en avant que le gouvernement revendique de lancer ce débat « dans des conditions apaisées » et non « en période de crise ».

C’est un thème hautement sensible qui divise jusque dans la majorité : quel cap pour la politique migratoire de la France ?

Edouard Philippe a apporté quelques éléments de réponse lors d’un débat sans vote à l’Assemblée nationale, lundi 7 octobre, comme voulu par le président de la République Emmanuel Macron.

Le premier ministre a affirmé qu’il n’a « pas peur de réfléchir à l’idée de quotas » en matière migratoire, en particulier dans le domaine professionnel. « S’agissant de l’immigration professionnelle », il faut « avoir une approche pragmatique en relation avec nos besoins de main-d’œuvre », a-t-il déclaré, en référence à une catégorie qui concerne près de 34 000 personnes en France.

« Il faut lutter contre les abus et les fraudes »

« Les quotas ne peuvent pas s’appliquer à l’asile ni à l’immigration familiale », domaines sanctuarisés par des textes européens, a reconnu le premier ministre. Il a toutefois souligné que cette dernière catégorie « ne saurait échapper à toute maîtrise (…). Il faut lutter contre les abus et les fraudes, et resserrer les critères là où cela s’impose. »

Ce faisant, le premier ministre a ouvert la voie à un durcissement possible de cette immigration familiale, qui a concerné quelque 90 000 personnes en France en 2018, dont environ 12 000 pour le regroupement familial. « Nous nous sommes par ailleurs fixé des objectifs ambitieux d’accueil d’étudiants », a encore ajouté M. Philippe.

Par ailleurs, il a évoqué un possible durcissement de l’accès à la naturalisation, qui concerne 60 000 personnes par an environ. Il a affirmé que son gouvernement se penchait sur les « critères que nous nous donnons pour vérifier le niveau de langue française des candidats ». « Je pense qu’il faut relever ce niveau », a-t-il dit.

Un « plan de lutte contre les fraudes »

A la suite d’Edouard Philippe se sont exprimés Jean-Yves Le Drian, pour les affaires étrangères, Christophe Castaner, pour l’intérieur, et Agnès Buzyn, pour la santé.

MM. Castaner et Le Drian ont insisté sur la nécessité d’agir au plan international pour réguler les flux migratoires et faciliter le retour des personnes en situation irrégulière. Il nous faut « une approche globale pour agir le plus en amont avec les pays d’origine et de transit et éviter les tragédies en Méditerranée », a expliqué M. Le Drian, évoquant notamment la nécessité de « partenariats » sur la politique des visas. L’immigration, « c’est d’abord une question internationale et l’Europe est au cœur des défis et des solutions », a approuvé M. Castaner.

Agnès Buzyn a pour sa part défendu avec force le système de protection sanitaire des immigrés en vigueur : « Oui, en France, on ne laisse pas des personnes périr parce qu’il leur manque le bon tampon sur le bon document. » Concernant l’Aide médicale d’Etat (AME), elle a cependant annoncé un « plan de lutte contre les fraudes ».

« Je pense que nous avons loupé ces dernières années l’intégration telle que nous aurions dû la réussir », a par ailleurs jugé lundi Christophe Castaner. Quant au ministre des relations avec le Parlement, Marc Fesneau, il a mis en avant que le gouvernement revendique de lancer ce débat « dans des conditions apaisées » et non « en période de crise ».

Marine Le Pen, qui défend un « moratoire » sur l’immigration, a appelé, cette fois dans l’hémicycle, l’exécutif a « avoir le courage d’organiser enfin un grand référendum » sur la question. Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron insiste sur ce thème, persuadé que la présidentielle de 2022 se jouera sur les sujets régaliens et qu’il se retrouvera à nouveau face à la présidente du RN :

« Si nous n’avons pas le courage de regarder en face la demande de maîtrise exprimée par tous nos concitoyens (…), nous ne serions pas lucides. »

Dans la majorité, la mise en avant du thème de l’immigration, qui avait déjà divisé lors du vote de la loi Asile et immigration en 2018, a fait grincer une partie de l’aile gauche. Dix-sept de ses membres ont réclamé dans une tribune, lundi, d’« élargir l’accès du marché du travail aux migrants ».

A gauche, le numéro un du PS, Olivier Faure, a alerté contre la tentation d’un « populisme d’Etat », tandis qu’à droite, Guillaume Larrivé (Les Républicains) a souhaité la mise en place d’une « charte de l’immigration » adossée à la Constitution et soumise à « référendum ».

Le Pen dénonce la « politique d’immigration laxiste »

Peu avant l’ouverture du débat, Marine Le Pen avait lancé sa conférence de presse sur un refrain de victoire. « La thématique de l’immigration s’est invitée… Pardon, s’est imposée par la force des urnes et le poids du vote national. Nos électeurs voient là l’efficacité de leur vote. »

Regrettant de ne disposer que de cinq minutes de temps de parole à la tribune sur les quatre heures de débat prévues, la présidente du RN a déroulé les propositions de son parti, comme la fin du droit du sol ou le remplacement de l’aide médicale de l’Etat (AME) par l’« AMU » (« aide médicale urgente »), où seuls les soins d’urgence vitale seraient assurés.

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