Dans un climat tendu, l'Argentine veut encore prolonger les négociations sur la dette

Dans un climat tendu, l'Argentine veut encore prolonger les négociations sur la dette

Dans un climat de négociation tendu, l'Argentine cherche à prolonger une nouvelle fois ce vendredi les discussions avec ses créanciers pour tenter de trouver un accord qui lui permettrait de restructurer 66 milliards de dollars de dette.

Les détenteurs de ces obligations sous législation étrangère doivent normalement décider avant 17H00, heure de New York (21H00 GMT) s'ils acceptent l'offre de restructuration présentée par le gouvernement argentin. Il est toutefois très probable que le gouvernement du président de centre gauche Alberto Fernandez prolonge pour la quatrième fois le délai de négociation et que les tractations se poursuivent au-delà de vendredi, a indiqué à l'AFP une source proche des discussions.

Le président argentin a reconnu que les négociations avançaient dans un climat de «bras de fer», mais s'est dit confiant sur la possibilité de «trouver un point d'accord». «Nous devons éviter que l'Argentine soit perçue dans le monde comme un pays qui ne remplit pas ses obligations», a-t-il dit. Les discussions concernent des obligations datant de 2005 et 2010, produits d'une restructuration précédente, ainsi que de nouveaux titres émis à partir de 2016. La première offre rejetée en mai prévoyait un délai de grâce de trois ans et une réduction de 62% des intérêts et de 5,4% du capital.

Cette semaine, l'Ad hoc Argentine Bondholder Group, qui regroupe 13 fonds internationaux, a qualifié les négociations d'«échec» et a dit examiner les possibilités de recours devant les tribunaux américains. Buenos Aires étudie désormais deux options : soit prolonger de dix jours la validité de son offre ou l'amender sur certains points et fixer un nouveau délai de deux semaines permettant aux créanciers de l'étudier, a indiqué sous couvert d'anonymat une source gouvernementale à l'AFP. «Nous allons continuer à négocier ce week-end», a assuré cette source.

Une des plus grandes restructurations de l'histoire

Parallèlement, l'Argentine, troisième économie d'Amérique latine, assure que les négociations avec les autres créanciers se passent bien, et qu'elles achoppent seulement avec le «groupe Ad hoc, auquel appartient BlackRock» considéré comme le fonds le plus intransigeant, indique une source gouvernementale.

Pour certains observateurs, les divergences sont si faibles que le gouvernement de Fernandez devrait maintenant céder pour conclure une des plus grandes restructurations de l'histoire. «Les différences entre l'État et les détenteurs d'obligations, en termes d'analyses de viabilité de la dette, sont de quelques points de pourcentage et deviennent peu pertinentes quant à leur impact sur l'économie. Le rabais obtenu par l'Argentine est très important et il est temps de conclure», estime Carlos Winograd, ancien secrétaire au Commerce et professeur à la Paris School of Economics.

Mais l'Argentine insiste sur le fait qu'elle ne peut pas offrir plus. La limite «est ce que le pays peut payer. Nous pensons que cette idée de céder pour se débarrasser du problème est ce qui nous conduit au problème d'une restructuration permanente des dettes. Il ne s'agit pas d'obtenir la Une des journaux», estime une source du gouvernement.

L'Argentine est en défaut de paiement depuis le 22 mai, date à laquelle était dû le paiement d'intérêts de 500 millions de dollars sur trois des obligations faisant l'objet des discussions. Malgré le défaut, les négociations ont continué. Mais la marge de manoeuvre du gouvernement est réduite, avec de nouvelles échéances de remboursement prévues fin juin, voire fin juillet en comptant le délai de grâce. Et une économie argentine en mauvais état : elle est en récession depuis 2018, 35% des habitants vivent dans la pauvreté et l'inflation a atteint 53% en 2019, un des taux parmi les plus élevés au monde.

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