Critiqué sur les vaccins, l’exécutif tente d’éteindre l’incendie

Critiqué sur les vaccins, l’exécutif tente d’éteindre l’incendie

Tandis que montent les attaques de l’opposition, le gouvernement annonce des mesures pour améliorer la vaccination. Emmanuel Macron a lui-même vivement critiqué, hier, la complexité de la procédure : « Maintenant vous simplifiez drastiquement. Et on accélère vraiment ! »

Opération déminage. Alors que la polémique enfle sur les « lenteurs » de sa campagne de vaccination, loin des chiffres d’autres pays, l’exécutif tente de reprendre la main. Avec le ministre de la santé, Olivier Véran, en première ligne pour tenter de contrer le procès en incompétence lancé par l’opposition. Mardi 5 janvier, sur RTL, ce dernier a indiqué sa volonté de donner un coup de fouet à la stratégie du gouvernement, avec un mot d’ordre : « Amplifier, accélérer et simplifier. »

Pour « amplifier », M. Véran a annoncé que les « pompiers et les aides à domicile de 50 ans et plus » pourraient désormais se faire vacciner. Une manière d’étendre un dispositif jusque-là réservé aux personnels de santé de plus de 50 ans, après l’avoir proposé aux personnes âgées hébergées en Ehpad dans un premier temps. Un choix initial qui explique le retard à l’allumage, selon le ministre de la santé. « C’était une phase d’initiation de la vaccination dont on savait qu’elle ne serait pas massive », a-t-il déclaré. Car une « campagne tournée vers les plus fragiles », « ça prend du temps ».

Mais désormais M. Véran se veut rassurant. Il affirme que le « rythme de croisière » de la France va « rejoindre celui de nos voisins dans les prochains jours ». « On va être sur une courbe exponentielle », a-t-il promis. Pour « accélérer », il a annoncé que le début de la vaccination des plus de 75 ans non-résidents d’Ehpad débuterait « avant la fin du mois de janvier ». Ce qui représente près de 5 millions de personnes. Autre levier d’accélération : 100 hôpitaux seront équipés en vaccins cette semaine sur tout le territoire, contre 27 aujourd’hui. En parallèle, 100 centres de vaccination vont être ouverts en ville, puis 300 d’ici quelques jours, et de 500 à 600 à la fin du mois de janvier, a précisé M. Véran.

« Impréparation » et « irresponsabilité »
Enfin, pour « simplifier » et « donner de la visibilité » aux Français, le ministre de la santé a indiqué que tous les Français qui souhaitent se faire vacciner pourront « s’inscrire » et « prendre des rendez-vous » dans les prochains jours « par Internet, par téléphone sans doute, et pourquoi pas par l’application TousAntiCovid ». La veille, lors d’une visite à l’Hôtel-Dieu, à Paris, M. Véran avait promis une « montée en puissance » de la campagne de vaccination. Il s’est notamment réjoui que près de 2 000 injections aient été réalisées lundi. Un chiffre que l’exécutif espère doubler à la fin de la semaine.

Sans parvenir toutefois à éteindre l’incendie, tant les critiques restent vives contre le gouvernement, accusé d’avoir mis en place une stratégie trop lente et trop prudente par rapport à certains de nos voisins européens. « Notre pays est humilié », a déploré le député Les Républicains (LR) des Alpes-maritimes Eric Ciotti, en demandant au ministre de la santé « d’agir ou de partir ». Le président (LR) de la région Grand-Est, Jean Rottner, a évoqué un « scandale d’Etat », critiquant une « forme d’impréparation » et d’« irresponsabilité » du gouvernement. Le patron des députés LR, Damien Abad, plaide quant à lui pour qu’un nouveau débat sur la stratégie vaccinale du gouvernement soit rapidement organisé au Parlement, « avec un vote ».

De son côté, le président ex-LR de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a préféré concentrer ses attaques contre Emmanuel Macron. « Par sa stratégie de vaccination, le président a commis une faute gravissime, il devra s’en expliquer devant les Français », accuse-t-il, dans un entretien au Parisien.

S’il n’apparaît pas en première ligne, le chef de l’Etat orchestre la contre-offensive en coulisses. Lundi, M. Macron a mis en scène la mobilisation du sommet de l’Etat, en présidant l’après-midi à l’Elysée une « réunion de suivi » de la vaccination, en présence du chef du gouvernement, Jean Castex, et des ministres concernés. Pendant plus de trois heures, en lien avec des experts, l’exécutif a tenté de resserrer les maillons de la chaîne, en abordant des sujets comme « la logistique, la stratégie, la production et la coordination européenne », indique l’Elysée.

« Accélération opérationnelle »
Après sa « colère », rapportée par Le Journal du dimanche, face au démarrage plus que poussif de la campagne de vaccination, le chef de l’Etat a de nouveau tapé du poing sur la table, en reprochant à ses troupes d’avoir mis en place un système trop complexe pour recueillir le consentement des plus âgés. Et au final trop lent. « Protéger en priorité les aînés dans nos Ehpad, oui. Leur pondre un guide de vaccination incompréhensible de 45 pages, non », a relevé Emmanuel Macron sur un ton vif, selon un participant. Avant de lancer à l’ensemble du gouvernement : « Maintenant vous simplifiez drastiquement, en amont comme en aval. Et on accélère vraiment ! » Un rappel à l’ordre, considéré par un participant comme « une mise sous tension extrême ». Message reçu par M. Véran. « Nous allons simplifier le guide de 45 pages », a-t-il convenu sur RTL.

L’Elysée assume « une mise sous tension » de l’appareil d’Etat, afin de procéder à « une accélération opérationnelle ». Sans pour autant changer radicalement de stratégie. « L’approche par phases et par publics prioritaires reste en place », indique un proche d’Emmanuel Macron. « Nous voulons de la vaccination de proximité », a défendu Olivier Véran, lundi, en rejetant l’idée d’autoriser l’ouverture de grands centres de vaccination de type « vaccinodromes », comme en Allemagne.

Au sommet de l’Etat, on attribue le démarrage poussif autant à la volonté initiale de l’exécutif de ménager les antivaccins qu’à la nécessité de s’adapter à l’arrivée progressive des doses. « Comme on n’en a pas assez pour vacciner tout le monde en une fois, on a ciblé les publics prioritaires en premier », explique un proche du président. Une manière de masquer la pénurie, accuse l’opposition. « Nous sommes en train de gérer les stocks en bon père de famille à mesure qu’ils arrivent », s’est défendu M. Véran lundi. Sur RTL, il a annoncé que la France, qui dispose déjà de 500 000 doses, en compterait près de 1 million à partir de mercredi. « Nous allons amplifier les commandes de vaccins », a-t-il assuré.

Dans les jours qui viennent, le calendrier est chargé pour un gouvernement pressé de corriger le tir : mardi soir, le premier ministre tiendra une réunion avec ses ministres ; un conseil de défense sanitaire est prévu le lendemain ; et jeudi Jean Castex devrait tenir une conférence de presse, aux côtés de M. Véran, pour affiner le dispositif. « Je suis dans une course permanente contre ce virus depuis dix mois », a reconnu ce dernier. Avec une obsession : ne pas se faire prendre de vitesse une nouvelle fois par l’épidémie, alors que l’Angleterre vient de décider d’un nouveau reconfinement total.

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