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Commerce : nouvelle tentative pour finaliser l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur

Commerce : nouvelle tentative pour finaliser l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur

29/01/18 - 13:32 - Négociateurs européens et sud-américains ont rendez-vous mardi pour finaliser leur accord commercial. Mais la question agricole divise toujours autant.

La question agricole sera, une fois de plus, au coeur des discussions. Les Européens et les représentants des pays d'Amérique latine du Mercosur ont rendez-vous, mardi à Bruxelles, pour finaliser le vaste  accord de libre-échange entre les deux blocs économiques. Cette fois-ci, Cécilia Malmström, la commissaire européenne au commerce, sera accompagnée pour la circonstance de son homologue à l'agriculture et au développement rural, Phil Hogan. Ravivées en 2010, les discussions qui datent de 1995 se heurtent plus que jamais à l'agriculture.

L'Amérique latine veut plus

L'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay souhaitent que l'Union européenne ouvre un peu plus son marché aux exportations latino-américaines de plusieurs produits issus de l'agriculture. En décembre dernier, Bruxelles a mis sur la table la possibilité d'exporter à droits de douane réduits, chaque année, 70.000 tonnes de boeuf, 600.000 tonnes d'éthanol et 100.000 tonnes de sucres supplémentaires. Cette offre est inadéquate ont estimé les représentants du Mercosur.

« Si nous n'obtenons pas une offre agricole significative, nous ne pourrons pas aboutir à un accord », avait averti devant le Parlement européen, Rigoberto Gauto Vielman, ambassadeur du Paraguay auprès de l'Union européenne. L'Europe doit faire plus et assurer un accord « équitable et raisonnable », avait-il insisté.

Bruxelles veut aller vite

Les Européens, eux, voudraient que le Mercosur relève son offre d'ouverture sur les exportations de vin, de produits laitiers et de véhicules.

 

The EU is committed to reach an ambitious, balanced and comprehensive trade agreement with #Mercosur. Today, we report on latest progress in talks ahead of the ministerial meeting planned for 30 January -> https://t.co/FZTzJMedux pic.twitter.com/mLCdkDF931

— European Commission (@EU_Commission) January 22, 2018

 

« Notre ambition est de conclure un accord commercial très ambitieux [...] dans les prochaines semaines », a, pour sa part, déclaré la semaine passée, Cecilia Malmström avant d'ajouter : « Notre but est de finaliser cela très rapidement car l'heure tourne ».

Quatre milliards d'euros à la clé

A Bruxelles, on ne cache pas l'impatience de conclure ce vaste accord. « Rien que sur le plan industriel, il y a 4 milliards d'euros de droits de douane en jeu. C'est autrement plus conséquent que les 500 millions d'euros de l'accord conclu entre l'Union européenne et le Canada ou le milliard d'euros entre le Japon et l'Union européenne, par exemple », témoigne un proche du dossier. Sauf que le monde agricole européen est en ébullition.

Le Mercosur représente déjà près des trois quarts des importations de boeuf de l'Union

Le Mercosur représente déjà près des trois quarts des importations de boeuf de l'Union. « Les producteurs d'Amérique du sud sont extrêmement compétitifs alors que l'Europe applique aujourd'hui 85 % de droits de douane! », relève ce proche du dossier. Les éleveurs européens l'ont bien compris.

Le monde agricole européen vent debout

La semaine passée, Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa-Cogeca, a estimé dans un  communiqué de presse que « l'Union européenne a déjà donné beaucoup trop sur l'agriculture aux pays du Mercosur dans les négociations, sans obtenir grand-chose en retour. Un rapport du Centre commun de recherche (CCR) montre qu'un accord commercial potentiel pourrait coûter au secteur agricole européen plus de 7 milliards d'euros ».

Emmanuel Macron «sacrifie l'élevage bovin viande français» en annonçant la signature imminente de l'accord de libre-échange entre l'UE et le #Mercosur pic.twitter.com/cs9RVDWI7D

— FNB (@EleveursBovins) January 26, 2018

 

Selon les calculs de l'Institut de l'élevage, les prix de vente pourraient baisser de 10 %, et 25.000 à 30.000 emplois pourraient disparaître dans la filière en France, affirme de son côté la Fédération nationale bovine (FNB).

L'incompréhension des agriculteurs français

Le Président d'Interbev, Dominique Langlois, affirme que l'interprofession « n'acceptera sous aucune condition la conclusion d'un accord entre l'Union européenne et le Mercosur contenant une quelconque offre de viandes bovines. »

Nous avons partagé des visions claires et franches sur l'accord entre l'Union européenne et le MERCOSUR. Cet accord est important et nous devons trouver des solutions ensemble.

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) January 26, 2018

 

Le monde agricole français comprend mal le  revirement du président Emmanuel Macron. A l'automne le chef de l'Etat avait exprimé des réserves sur cet accord. Jeudi, lors de ses voeux à la filière, il avait reconnu que cet accord constituerait « un défi, en particulier pour la filière bovine puisqu'il permettra de faire rentrer des volumes » de viande sud-américaine sans droit de douane dans les pays européens. Vendredi, à l'issue de son  entretien avec son homologue argentin , Mauricio Macri, il s'est dit confiant qu'un accord « peut être bon pour les deux parties » et qu'il est « pertinent d'essayer de le finaliser rapidement ». Une issue que combattent les éleveurs.

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