Climat -les pays du G20 rechignent à s'engager davantage

Climat -les pays du G20 rechignent à s'engager davantage

Les émissions de gaz à effet de serre des pays du G20 vont croître de 4 % cette année après avoir reculé de 6 % l'an dernier, selon Climate Transparency. Un mauvais signal à moins de deux semaines de la COP26.

Les émissions de gaz à effet de serre des pays du G20 vont croître de 4 % cette année après avoir reculé de 6 % l'an dernier, selon Climate Transparency. Un mauvais signal à moins de deux semaines de la COP26.
L'accalmie aura été de courte durée. Après une période de baisse due au Covid, les émissions de gaz à effet de serre (GES) repartent à la hausse dans les pays les plus émetteurs et les plus industrialisés de la planète. Les rejets de CO2 des Etats du G20 issus de la production d'énergie et qui représentent les trois quarts du total mondial, devraient augmenter de 4 % cette année après avoir reculé de 6 % en 2020, rapporte le Climate Transparency, un groupement de 16 centres d'études et de réflexion, associé à plusieurs ONG.

La responsabilité en incombe en grande partie aux grands pays émergents - Chine, Inde, Indonésie et Argentine - qui relancent leur consommation d'énergie fossile. A commencer par celle de charbon dont la demande devrait croître de près de 5 % cette année au sein du G20. Ce regain est imputable à 61 % à la Chine, mais elle n'est pas seule en cause. Les Etats-Unis pèsent pour 18 % dans cette hausse et l'Inde pour 17 %. Ce rebond touche d'autres ressources fossiles. La consommation de gaz des pays du G20 devrait ainsi augmenter de 12 % cette année, signale Climate Transparency.

Manque d'ambition

Des chiffres très éloignés de ce qu'ils devraient être pour tenir le cap limite de l'Accord de Paris sur le climat, à savoir un réchauffement maximum de 1,5 degré d'ici à la fin du siècle. De fait, le G20 n'est pas mobilisé dans son entier comme il le devrait. En août dernier, 14 de ses Etats membres, représentant 61 % des émissions de GES de la planète, se sont engagés à atteindre le « zéro émission nette » d'ici à 2050.

Même s'ils sont une minorité, beaucoup traînent les pieds pour relever leurs objectifs de réduction d'émissions, comme le réclame de plus en plus instamment les Nations unies. A moins de deux semaines de la conférence mondiale sur le climat, la COP26, ils sont encore sept à n'avoir aucunement dévoilé leurs intentions, constatent les experts. Et seulement six à exprimer des ambitions plus fortes, ajoute le Climate Transparency.

Seuls 13 pays ont défini un dispositif de fixation de prix du carbone. Le Brésil, la Turquie, l'Indonésie et la Russie indiquent être en train d'y réfléchir. Mais rien de concret n'est encore sorti de leurs cartons et dans l'état actuel des objectifs affichés par le G20 dans son ensemble, « nous allons toujours vers une réchauffement de 2,4 degrés d'ici à la fin du siècle », selon les auteurs de l'étude.

Il aurait été possible de faire mieux, selon eux. Ils regrettent que les gouvernements n'aient fléché « que » 300 milliards de dollars de leurs plans de relance vers le verdissement de leurs économies, sur un total de 1.800 milliards.

Déplacer des montagnes

« Les pays du G20 sont vraiment en retard », déplore Laurence Tubiana, présidente de la Fondation européenne pour le climat , après avoir été la principale négociatrice de l'Accord de Paris. « Ce rapport sur la transparence climatique révèle que le G20 doit déplacer des montagnes pour s'assurer que nous pouvons toujours emprunter la voie étroite des 1,5°C. Heureusement, ce n'est pas impossible. »

On verra plus précisément ce qu'il en est à la fin de ce mois à Rome où le G20 tient un somment en préambule de la COP26. Le Premier ministre italien, Mario Draghi, a annoncé vouloir « obtenir un engagement du G20 sur la nécessité de limiter la hausse des températures à 1,5 degré ».

Il n'y a cependant pas que des mauvaises nouvelles. Les énergies renouvelables vont continuer à monter en puissance cette année, prévoit Climate Transparency. Elles devraient croître de 12 % cette année, soit 2 points de plus que l'an dernier. Ces énergies vertes « ont progressé de 20 % entre 2015 et 2020 », poursuivent les experts en indiquant que leur part devrait être proche de 30 % au sein du G20 cette année. Reste qu'en dehors du Royaume-Uni, aucun pays n'a développé de stratégie pour produire 100 % d'électricité d'origine renouvelable d'ici à 2050.

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