Bourse : « Il faudra être agile en 2019 »

Bourse : « Il faudra être agile en 2019 »

Croissance mondiale, crise des pays émergents… L'analyse des marchés boursiers de Béatrice Belorgey, directrice de BNP Paribas Banque privée.

Le Point : Certes, la croissance mondiale se stabilise, la crise des pays émergents reste contenue, mais les marchés n'ont-ils pas rebondi trop vite ?

Béatrice Belorgey : Les marchés restent soutenus par trois facteurs clés : une croissance mondiale qui reste solide, une inflation toujours modeste et des résultats des entreprises en progression. En parallèle, la normalisation des politiques monétaires accommodantes est menée de manière progressive avec doigté - et cela ne devrait pas changer. En conséquence, les marchés actions restent attractifs à moyen terme, même si cela n'exclut pas des périodes de consolidation à la suite de la détérioration de la situation de quelques pays émergents ou de l´évolution politique en Italie.

Vous excluez la contagion de la crise de certains pays émergents au reste du monde ?

Il faut être vigilant, mais l'Argentine est en crise depuis plusieurs années et les problèmes de la Turquie sont spécifiques au pays. Quoi qu'il en soit, nous regardons de préférence l'Asie, qui profite notamment de la croissance chinoise. 10 % C'est la progression attendue des bénéfices aux Etats-Unis, en 2019.

Comment voyez-vous évoluer les tensions commerciales ? Vont-elles s'atténuer après les élections de mi-mandat aux Etats-Unis ?

Ce n'est pas certain. L'offensive de Donald Trump a commencé avec son élection. Même si ces tensions entretiennent l'incertitude, il semble que les marchés font aujourd'hui la part des choses entre les tweets agressifs du président et les solutions trouvées. En témoigne l'accord signé avec l'EUMC (Canada).

Croyez-vous à la résurgence d'une crise en Europe ?

L'Italie est un pays « core » de l'Europe. Son évolution politique et la décision du gouvernement actuel de mener une politique budgétaire plus laxiste vont générer de la volatilité comme en produira de la même façon le Brexit, tant que l'on ne connaîtra pas les modalités de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Faut-il, dans ces conditions, investir sur les actions européennes ?

Les marchés d'actions européens n'ont pas monté malgré des fondamentaux positifs, car les risques ont pris le dessus. Les périodes de volatilité constitueront des opportunités pour renforcer les positions sur l'Europe. Il faudra en effet être agile.

A cette occasion, faudra-il modifier son allocation sectorielle : moins de valeurs de croissance, plus de values, moins de petites sociétés ?

Le style value a longtemps sous-performé les valeurs de croissance, victime de la croissance anémique et d'une tendance séculaire sur le secteur de la techno. Ce pourrait ne plus être le cas s'il se confirme que la croissance mondiale reste bien orientée et que les rendements obligataires augmentent, condition nécessaire à la surperformance des valeurs value. Dans cette perspective, nous privilégions les mid capseuropéennes.

Ne vaut-il pas mieux jouer le marché américain ?

Même si les valorisations sont élevées, la Bourse américaine a encore du potentiel en raison de la forte croissance de l'économie (+ 4,2 % au deuxième trimestre), d'une progression toujours positive des bénéfices (+ 10 % attendus en 2019), même si elle est plus faible qu'en 2018, des niveaux de marges élevés et des rachats d'actions menés par les grands groupes. Il ne faut pas en être absent, mais il ne faut pas s'attendre à la même performance qu'en 2018.

La hausse des taux d'intérêt et la fin des effets de la réforme fiscale ne peuvent-elles pas enrayer la hausse ?

La Fed devrait augmenter ses taux une fois d'ici à la fin de l'année et encore deux fois en 2019. Mais la communication faite sur ces augmentations et leur caractère progressif font qu'elles ne devraient pas avoir d'effet négatif sur les marchés actions. Quant à la réforme fiscale, ses effets positifs ne sont pas terminés.

Qu'est-ce qui vous ferait revenir sur les émergents ?

C'est probablement aujourd'hui encore un peu trop tôt. Néanmoins, les perspectives d'une croissance bénéficiaire à deux chiffres et de valorisations attractives offrent un potentiel haussier à moyen terme. Le potentiel se situe notamment sur l'Asie et en particulier en Chine, qui a beaucoup souffert des tensions commerciales avec les Etats-Unis et devrait bénéficier d'une politique accommodante pour relancer la croissance.

Faut-il revenir sur l'or, qui a beaucoup baissé ?

L'or constitue un placement de diversification et, à ce titre, il présente de l'intérêt, d'autant que l'environnement géopolitique est incertains

 

 

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