Avec plus de 100 000 morts, la pandémie en Amérique latine continue sa progression

Avec plus de 100 000 morts, la pandémie en Amérique latine continue sa progression

Au moment où l’Europe se déconfine et s’adapte à une nouvelle « normalité » malgré les craintes d’une seconde vague épidémique, le coronavirus continue sa progression exponentielle en Amérique latine et aux Caraïbes, où plus de 100 000 morts ont été dénombrés, mardi 23 juin, dont plus de la moitié au Brésil.

Le sous-continent, peuplé par 630 millions de personnes, enregistre 2,2 millions de cas, soit pratiquement autant qu’en Europe, Russie comprise. Il concentre désormais un quart des cas de contaminations et un cinquième des morts liées au Covid-19 dans le monde. Le nombre de personnes infectées a doublé en moins d’un mois. Le Pérou (260 000 cas) et le Chili (250 000), notamment, enregistrent désormais plus de cas que l’Italie (239 000), pour des populations deux et trois fois moindres, respectivement.

Systèmes de santé défaillants
Mais la situation est d’autant plus préoccupante que l’ampleur réelle des dommages causés par le coronavirus en Amérique latine est probablement sous-estimée, selon les experts, car, sauf exception comme le Chili, les pays de la région n’ont pas réussi à mettre en place des programmes de tests rigoureux.

En plus des systèmes de santé défaillants dans de nombreux pays de la région, la lutte contre le virus a été entravée par une pauvreté généralisée : de nombreuses personnes vivent au jour le jour dans le secteur informel, ce qui a compliqué les efforts de confinement, qui ont pourtant été pris très tôt et de manière très stricte dans de nombreux pays, lorsque le nombre de cas ne dépassait pas une dizaine. Peut-être de manière trop précoce, estiment certains experts, rendant difficile un respect scrupuleux des mesures au fil du temps.

Certains pays, comme le Pérou ou l’Argentine, ont dépassé les cent jours de confinement. La Colombie a décidé mardi de le prolonger jusqu’au 15 juillet. Dans plusieurs pays, les sanctions en cas de non-respect des mesures d’isolement se sont durcies, comme au Chili, où les peines de prison peuvent atteindre cinq ans.

Record de nouveaux cas en Argentine

Le Brésil continue d’être le foyer principal de l’épidémie, avec un record de 54 000 cas de plus en une seule journée, le 19 juin, dépassant désormais 1,1 million de cas au total. Il s’agit du deuxième pays le plus touché au monde, après les Etats-Unis, bien que le nombre de tests reste insuffisant et pourrait signifier une sous-estimation du nombre réel de cas, selon Mike Ryan, directeur des urgences de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cité par l’agence Reuters.

L’OMS est également préoccupée par l’augmentation des cas au Mexique, touché par un tremblement de terre d’une magnitude de 7,5 dans le centre et le sud, mardi, qui a fait six morts. Ce jour-là ont également été enregistrés 6 288 nouveaux cas de contamination, un record. Le nombre total dépasse les 190 000 cas.

L’Argentine aussi est confrontée à une forte hausse. Pour la deuxième journée consécutive, le 23 juin, elle a enregistré un record de nouveaux cas (+ 2 285) en vingt-quatre heures. Ces mauvais chiffres ont poussé le gouvernement à durcir les conditions de confinement, qui dure depuis le 20 mars, dans la région métropolitaine de Buenos Aires, qui concentre l’immense majorité des cas : si les commerces de proximité continueront à être ouverts, les déplacements devraient à nouveau être fortement limités afin de réduire la quantité de patients en soins intensifs. Lire aussi : En Argentine, coup de massue pour une économie à l’agonie

Même le Costa Rica et l’Uruguay, deux pays présentés comme ayant réussi à contrôler l’épidémie (ils ne comptabilisaient que 12 et 25 morts respectivement au 23 juin), ont vu ces derniers jours une augmentation des cas de contaminations.

Le Costa Rica, qui avait décidé de lever progressivement les mesures de confinement, a enregistré le 19 juin sa plus forte augmentation depuis le début de l’épidémie, avec 119 cas de plus en une journée. Le début de la phase 3 de déconfinement a donc été stoppé. L’utilisation de masques dans les transports et les endroits publics fermés tels que les restaurants devient obligatoire.

Chute du PIB au Pérou

En Uruguay, petit pays de 3,5 millions d’habitants coincé entre le Brésil et l’Argentine et qui n’a comptabilisé que 885 cas en tout, la découverte d’un nouveau cluster à Treinta-y-Tres a poussé les autorités à fermer à nouveau les écoles jusqu’au 3 juillet dans cette ville du Nord-Est, et à y confiner 215 habitants. Après avoir suspendu les cours dès le 13 mars, alors que seuls quatre cas avaient été détectés, l’Uruguay avait levé cette restriction progressivement à partir du 1er juin. « Nous nous sommes un peu laissé aller, a reconnu le président, Luis Lacalle Pou, lundi. Le cas de Treinta-y-Tres est une leçon pour tout le pays. »

Cent jours après avoir lancé une « guerre » contre l’épidémie, le gouvernement du président péruvien, Martin Vizcarra, a assuré de son côté que, grâce au confinement, un des plus stricts au monde, 100 000 vies avaient été sauvées dans la seule capitale, Lima. Au 23 juin, 8 400 personnes étaient officiellement mortes du Covid-19 dans le pays. L’autre face de la pièce est la dégringolade du produit intérieur brut (PIB) prévue pour cette année par la Banque centrale de réserve péruvienne, de l’ordre de − 12,5 %. Lire aussi : Le Pérou englué dans la crise due au coronavirus

Car la crise en Amérique latine non plus n’est pas que sanitaire : le Fonds monétaire international a annoncé mercredi qu’il prévoyait une récession plus forte qu’estimé en avril pour les pays de la région : l’organisme table désormais sur une contraction du PIB de 9,4 %, soit − 4,2 points. La récession devrait être même plus sévère au Mexique (− 10,5 %), tandis que le PIB de l’Argentine devrait plonger de 9,9 % et celui du Brésil de 9,1 %.

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