Argentine : revers pour le président Alberto Fernandez aux primaires de mi-mandat

Argentine : revers pour le président Alberto Fernandez aux primaires de mi-mandat

Le parti du président péroniste est devancé dans la majorité des provinces. Les élections primaires précèdent le scrutin législatif du 14 novembre lors duquel une partie du Parlement doit être renouvelée.

Prélude des législatives du 14 novembre, les élections primaires de dimanche 12 septembre ont annoncé la couleur : le panorama est sombre pour le gouvernement péroniste d’Alberto Fernandez (centre gauche) qui essuie un revers électoral, au mitan de son mandat, à deux ans de l’élection présidentielle d’octobre 2023. Sa formation politique, Frente de todos (« front de tous »), est devancée dans la majorité des vingt-trois provinces, l’opposition arrivant en tête sous la houlette de Juntos por el cambio (« ensemble pour le changement »), la famille politique de l’ex-président Mauricio Macri (centre droite, 2015-2019). Province-clé, celle de Buenos Aires, où vivent plus d’un tiers des Argentins, actuellement emmenée par un gouverneur du parti présidentiel, donne aussi l’opposition gagnante, avec plus de quatre points d’avance sur Frente de todos.

Ces primaires, qui écartent les candidats n’ayant pas rassemblé au moins 1,5 % des voix, font office de répétition générale avant les législatives partielles, lors desquelles 127 des 257 députés et 24 des 72 sénateurs seront renouvelés. « Sauf exception, les élections de mi-mandat en Argentine, comme en Amérique latine, ne sont en général pas favorables au parti en place, mais l’ampleur du recul [du parti présidentiel], très importante, n’avait pas été anticipée par le gouvernement », observe Maria Laura Tagina, politiste et enseignante à l’université nationale de San Martin. « Ce vote est l’expression d’une grande fatigue, dans le contexte de la pandémie, caractérisée par un long confinement, et de la situation économique », poursuit la politiste.

Autocritique

L’épidémie due au coronavirus a saisi un pays déjà chamboulé par une récession qui sévissait depuis 2018 et a marqué quasiment la totalité du mandat d’Alberto Fernandez, arrivé au pouvoir en décembre 2019. Près de deux ans plus tard, les indicateurs sont sans appel : une pauvreté en augmentation qui concerne 42 % de la population ; une inflation galopante dont l’objectif annuel fixé à 29 % a déjà été dépassé au mois de juillet ; 20 000 entreprises en faillite et 100 000 emplois détruits en 2020, selon l’estimation du cabinet privé Ecolatina. Sur le front sanitaire, avec plus de 113 000 décès liés au Covid-19 pour 45 millions d’habitants, l’Argentine se situe parmi les dix pays au monde les plus durement frappés, hors micro-Etats – derrière le Pérou et le Brésil, dans la région.

Dans la foulée des résultats, dimanche 12 septembre, le président Alberto Fernandez a formulé une autocritique, admettant l’existence « de plaintes face à des erreurs qui ne doivent pas se répéter » et s’engageant à « écouter, corriger ce qui a pu être mal fait ». Reconnaissant un résultat « frappant », la candidate du parti présidentiel dans la province de Buenos Aires, Victoria Tolosa Paz, a elle aussi battu sa coulpe, estimant que « la photo d’Olivos [où réside le président] avait probablement influé », en référence au scandale de l’anniversaire célébré, en plein confinement, par le président, sa compagne et des amis. Arrivée largement en tête dans la ville autonome de Buenos Aires, Maria Eugenia Vidal (opposition), qui brigue un siège de députée, a célébré le « basta assourdissant des urnes ».

Percée d’un ultralibéral
Si la dynamique des primaires venait à se répéter à l’identique lors des législatives partielles de novembre, le parti présidentiel céderait du terrain à la Chambre des députés – où il ne dispose déjà pas de la majorité – et perdrait surtout sa majorité au Sénat, signant une deuxième partie de mandat davantage contrainte. La nécessité de négocier marquerait alors en premier lieu les brûlants dossiers économiques. Le budget doit en effet être approuvé au Parlement. L’accord avec le Fonds monétaire international également, alors que la restructuration de 45 milliards de dollars (38 milliards d’euros), dette contractée sous le gouvernement de Mauricio Macri, est toujours en discussion.

Autre surprise des primaires : la percée de Javier Milei, économiste ultralibéral s’autoproclamant libertarien, contre l’avortement (légalisé en décembre 2020) et en faveur du port d’armes. Il a décroché 13,6 % dans la ville de Buenos Aires, où il ambitionne d’obtenir un siège de député, avec un discours résolument antisystème. « Il bénéficie d’un vote jeune, masculin, mais aussi très concentré dans la ville de Buenos Aires, nuance María Laura Tagina. Le phénomène ne s’observe pas au niveau national, il faudra voir s’il se maintient aux élections législatives. » Avec une participation attendue plus élevée, le thermomètre pourra être amené à bouger le 14 novembre.

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