Argentine : le gouvernement péroniste affaibli par les élections

Argentine : le gouvernement péroniste affaibli par les élections

Après une campagne harassante et une longue nuit électorale, l'Argentine s'est réveillée dans le brouillard. Le gouvernement a perdu sa majorité au Sénat et un siège à la Chambre des députés. L'opposition a réussi son pari au niveau national.

Reconquérir les territoires clés : tel était l'objectif du Frente de Todos, la coalition au pouvoir en Argentine, à la suite de l'échec électoral des primaires de septembre qui avait représenté un coup dur pour le gouvernement d'Alberto Fernández.

Dans un pays où le vote est obligatoire à partir de 18 ans, et optionnel à partir de 16 ans, la participation, enjeu des dernières semaines de campagne, a atteint 71 %, 5 points de plus qu'en septembre. Mais cela n'a pas suffi à inverser la tendance pour les péronistes.

Même si la casse est limitée dans la province de Buenos Aires, mère de toutes les batailles, la victoire de l'opposition s'est confirmée au niveau national avec 42 % des scrutins, contre 34 % pour la coalition au pouvoir.

Silence de Kirchner

Les deux principales forces politiques du pays, Juntos por el cambio (droite) et le Frente de Todos (coalition péroniste au pouvoir), seront presque à égalité avec respectivement 116 et 118 députés. En s'alliant à d'autres forces politiques, l'opposition pourra bloquer des projets de loi. Tandis qu'au Sénat, le Frente de Todos a laissé filer sa majorité en perdant six sièges, une première dans l'histoire politique des péronistes.

Argentine : la crédibilité du gouvernement en jeu dans les urnes

C'est un coup dur pour Cristina Kirchner, qui préside le Sénat. L'ex-présidente argentine a avancé des raisons médicales - elle a été opérée le 4 novembre - pour expliquer son absence, dimanche soir, au QG de sa coalition. Son absence a cependant été interprétée par certains comme une prise de distance avec le président.

A l'issue du vote, le président Alberto Fernández a appelé ses bases militantes à fêter la « victoire » et a prôné le dialogue avec l'opposition. Cristina Kirchner, qui reste la seule figure politique à même de mobiliser massivement ses rangs, a préféré quant à elle maintenir le silence.

Nouveau parti de droite libérale
Deux partis ont tiré leur épingle du jeu dans ce scrutin de mi-mandat et pourraient venir jouer les trouble-fêtes dans la perspective des élections présidentielle et législatives de 2023. Le Frente de Izquierda (gauche non péroniste), avec près de 6 % des votes au niveau national, a décroché un quatrième siège pour la députée Myriam Bergman.

Mais les regards étaient surtout tournés vers un nouveau parti de droite libérale, après une très médiatique campagne menée par un nouvel acteur, l'économiste Javier Milei. Ce dernier fait son entrée avec deux nouveaux sièges, portant à cinq la représentation libérale à la Chambre des députés.

« Il faut trouver le moyen de prendre à nouveau des risques en politique. La droitisation des débats nous pousse à avoir une position plus conservatrice. […] Mais le résultat électoral, que l'on peut qualifier de match nul, ne doit pas conditionner notre proposition politique », avertit Magui Fernández Valdez, candidate malheureuse du Frente de Todos à un siège de députée.

Alberto Fernández « transmet une tranquillité dont on a besoin. Un chemin de croissance lent mais clair, avec des objectifs réalistes », assure quant à lui Pedro Audero, économiste et militant proche du président.

Alors que les défis économiques se multiplient pour le gouvernement, et que la campagne pour la présidentielle de 2023 pourrait démarrer de façon anticipée, les tensions au sein de la coalition au pouvoir laissent entrevoir un bras de fer dont on ignore l'issue en termes de politique économique.

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