Argentine : Alberto Fernandez, le caméléon péroniste tombeur de Macri

Argentine : Alberto Fernandez, le caméléon péroniste tombeur de Macri

PORTRAIT. Le péroniste a été élu dimanche soir avec 47,45 % des voix, éliminant le président sortant Mauricio Macri. Son défi : sortir l'Argentine de la crise.

Quand nous le croisons un soir de 2009 autour de quelques empanadas et d'un bon Malbec argentin, Alberto Fernandez, invité à s'exprimer devant un groupe de discussions politiques, multiplie les piques et les boutades sur Cristina Kirchner. Il préconise même une « thérapie de couple » à elle et son mari Nestor Kirchner. Quatorze mois plus tôt, il a rompu avec la présidente dont il était chef de cabinet, en pleine crise avec les agriculteurs outrés par la nouvelle hausse des taxes à l'exportation. « J'avais conscience que nous avions des visions différentes [la présidente et moi] », écrira-t-il plus tard dans son livre Politiquement incorrect. Raisons et passions de Nestor Kirchner.

Dix ans plus tard, Alberto Fernandez, âgé de 60 ans, vient d'être élu président d'Argentine (47,45 % des voix contre 41,11 % pour le président sortant Mauricio Macri) avec pour vice-présidente… Cristina Kirchner ! Tignasse blanche et moustache imperturbable, Alberto Fernandez est un caméléon. Pour preuve, il a fricoté avec presque tous les partis et les chefs d'État qui se sont succédé depuis le retour de la démocratie dans le pays sud-américain, en 1983. « C'est un péroniste pragmatique qui a été aussi bien avec Nestor et Cristina Kirchner qu'avec Carlos Menem [président néo-libéral, NDLR] », analyse le politologue Ignacio Labaqui, avant de dérouler son CV. « Depuis les années 1980, il a été fonctionnaire du président radical Alfonsin, puis de Carlos Menem, député de la ville de Buenos Aires au début des années 2000, et c'est lui qui a constitué le groupe Calafate de soutien à la candidature de Nestor Kirchner dont il a été le chef de cabinet dès 2003 et celui de sa femme Cristina Kirchner durant 8 mois jusqu'en juillet 2008 ; il a été par la suite très critique envers elle, s'alliant même avec d'autres péronistes de l'opposition comme Sergio Massa et l'ex-ministre de l'Intérieur Florencio Randazzo en 2017 pour finalement se réconcilier avec elle à la fin de l'année 2018. »

La « marionnette » de Cristina Kirchner ?

Alberto Fernandez a même milité, au retour de la démocratie en 1983, à l'extrême droite, en tant que responsable des jeunes du parti nationaliste constitutionnel. « Les péronistes ne sont ni bons ni mauvais, ils sont incorrigibles », disait l'écrivain Jorge Luis Borges. Le nouveau président argentin est « un péroniste typique dans le sens où le pragmatisme passe chez lui avant l'idéologie », résume Rosendo Fraga, du centre d'études Nueva Mayoria. Supporteur d'Argentinos Juniors, le premier club de foot de Diego Maradona, il est avocat et a été professeur de droit pénal.

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