Bolivia  ●  Chile  ●  Elecciones en Argentina  ●  Islas Malvinas  ●  Mercosur  ●  Mercosur-UE  ●  Venezuela

Après des «attaques sans précédent», la France rappelle son ambassadeur en Italie

Après des «attaques sans précédent», la France rappelle son ambassadeur en Italie

Depuis plusieurs mois, et notamment le début de la crise des Gilets jaunes, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les deux vice-Premiers ministres italiens, multiplient les attaques contre Emmanuel Macron.

La France rappelle son ambassadeur en Italie pour « des consultations ». Cette décision intervient après une série de « déclarations outrancières » et « d’attaques sans fondement » et sans « précédent » de responsables italiens, estime ce jeudi le ministère des Affaires étrangères.

« Les dernières ingérences constituent une provocation supplémentaire et inacceptable », déclare la porte-parole du Quai d’Orsay, le siège du ministère, dans un communiqué virulent. Ces attaques « violent le respect que se doivent entre eux les gouvernements démocratiquement et librement élus ».

« Cela n’a pas de précédent depuis la fin de la guerre (1939-1945). Avoir des désaccords est une chose, instrumentaliser la relation à des fins électorales en est une autre », ajoute-t-il. « La campagne pour les élections européennes ne saurait justifier le manque de respect de chaque peuple ou de sa démocratie. »

Soutien aux Gilets jaunes

Le communiqué rappelle aussi que la France est « profondément attachée » à l’amitié entre les deux pays. « La France et l’Italie sont unies par une histoire commune ; elles partagent un destin. Elles ont ensemble construit l’Europe et œuvré pour la paix », est-il écrit. « La France appelle l’Italie à agir pour retrouver la relation d’amitié et de respect réciproque, à la hauteur de notre Histoire et de notre destin commun ».

Ces derniers temps, le gouvernement italien a manifesté son soutien au mouvement des Gilets jaunes, qui conteste la politique du président français, Emmanuel Macron. Le vice-Premier ministre italien, Luigi Di Maio, issu du Mouvement populiste 5 Etoiles, a rencontré plusieurs Gilets jaunes, mardi. Sur les réseaux sociaux, il a notamment écrit que « le vent du changement a franchi les Alpes. Je répète : le vent du changement a franchi les Alpes ». Cette rencontre a été qualifiée de « provocation pas acceptable » par le Quai d’Orsay.

De plus, en janvier, Di Maio a déjà causé quelques remous. Il a proposé un soutien technique aux Gilets jaunes en leur offrant l’aide de la plate-forme numérique de son parti. L’autre vice-Premier ministre, Matteo Salvini, patron de la Ligue et homme fort du gouvernement, a dit espérer que le peuple français se libère bientôt d’un « très mauvais président », des propos totalement inédits entre responsables de pays fondateurs de l’Union européenne. Salvini tente d’organiser un front européen de l’extrême droite contre les pro-européens incarnés notamment par le chef de l’Etat français en vue du scrutin du 26 mai.

« Colonisation » et question migratoire

En janvier également, Luigi Di Maio a accusé la France de « coloniser » l’Afrique avec le franc CFA. Cette monnaie indexée sur l’euro est en circulation dans une quinzaine de pays africains dont plusieurs anciennes colonies françaises. Il a accusé le France, en imprimant cette monnaie, de nuire au développement local et de contribuer « aux départs des migrants, qui vont ensuite mourir dans la Méditerranée ou débarquer sur nos côtes ».

Certains estiment que les racines de la querelle franco-italienne remontent à l’intervention française en Libye, en 2011. Dans cette ancienne colonie italienne, la France a participé au renversement du régime de feu le colonel Kadhafi. La déstabilisation du pays a engendré des flux migratoires, notamment à destination de l’Italie.

www.prensa.cancilleria.gob.ar es un sitio web oficial del Gobierno Argentino