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Accord UE-Mercosur : «30 000 élevages français sont en péril», selon la FNSEA

Accord UE-Mercosur : «30 000 élevages français sont en péril», selon la FNSEA

26/02/18 - 15:04 - Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, monte au créneau contre le traité de libre-échange négocié entre l’Union européenne et l’Amérique latine. Elle redoute l’importation massive de produits moins chers et de moins bonne qualité.

Après le décès brutal de Xavier Beulin en février 2017, c’est elle qui a repris les rênes du premier syndicat agricole français, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Alors que se déroule le salon de l’agriculture à Paris, l’éleveuse de porcs du Maine-et-Loire, 58 ans, alerte sur le traité de libre-échange négocié en ce moment par l’Union européenne avec le Mercosur, la communauté économique qui regroupe l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay, le Venezuela et la Bolivie.

Comment se porte la filière agricole ?

Christiane Lambert. Les agriculteurs n’ont pas le moral. Ils ont cumulé des crises climatiques très fortes, notamment les céréaliers qui viennent de vivre trois années difficiles. Mais les grosses inquiétudes du moment concernent les accords commerciaux de libre-échange négociés par Emmanuel Macron avec les pays d’Amérique latine du Mercosur. Sans oublier la mise en œuvre du Ceta, l’accord avec le Canada. Ces deux traités vont permettre l’arrivée sur le sol français de produits venus d’ailleurs qui n’ont pas les mêmes conditions de production que les produits français. Monsieur Macron dit : « Montée en gamme, bio, bien-être animal ! » Dans le même temps, il ouvre grand les frontières à des produits qui vont tirer les prix vers le bas. Inacceptable !

Quel va être l’impact du traité avec le Mercosur sur les exploitations françaises ?

30 000 élevages sont en péril et quatre filières sont concernées : l’éthanol, le sucre, la filière bovine et la volaille. Le quota d’importation prévu dans ce fameux traité est de 90 000 tonnes. C’est l’équivalent en France de 20 % de la consommation d’aloyau, une pièce noble de bœuf. Or, cette viande va arriver à un prix 30 % inférieur au prix français. N’oublions pas que dans notre pays, la consommation de viande a baissé de 27 % ces quatorze dernières années. Les agriculteurs se retrouvent donc pris en étau.

Vous dénoncez aussi les conditions de fabrication de cette viande produite Outre-Atlantique…

Dans les pays du Mercosur, les bêtes sont traitées avec des activateurs de croissance et mangent des produits OGM, ce qui explique les coûts de production très bas. L’Amérique du Sud a aussi connu récemment des problèmes sanitaires énormes avec de la triche, de la remballe, de la viande avariée couverte par la direction des services vétérinaires.

La loi sur les Etats généraux de l’alimentation, présentée en mars, veut encadrer l’usage des promotions dans la grande distribution. Doit-on craindre une augmentation de 10% des prix comme le prédit Michel-Edouard Leclerc ?

Je me base plutôt sur les chiffres de l’Observatoire de la formation des prix et des marges qui évoque une augmentation des prix de 0,4 %. Leclerc joue au poker menteur, son système est pervers. C’est « moins cher, moins cher, moins cher » ! Son problème, aujourd’hui, c’est Amazon qui peut faire encore moins cher que lui. La vraie question à se poser, c’est : « Peut-on garder une production française de qualité, qui entretient les territoires, fait la bonne alimentation à la française et payer si peu les producteurs ? » 40 % des producteurs gagnent 354 € pour vivre par mois. Il est temps de changer.

L’affaire Lactalis a montré le manque de transparence dans l’agroalimentaire. N’illustre-t-elle pas la dérive générale de ce secteur ?

Lactalis est une entreprise parmi tant d’autres, cela ne veut pas dire que toutes se comportent de la sorte. Quand il y a une faille, il faut le dire tout de suite. Lactalis a tardé à le dire, c’est une erreur.

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